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		<title><![CDATA[Forum francais Minecraft. Serveur de jeu FR-Minecraft et astuces pour Minecraft. / [RP Officiel] Les nouvelles terres - Le Monde de Termïn (concours)]]></title>
		<link>http://fr-minecraft.net/forum/topic-29677-rp-officiel-les-nouvelles-terres-le-monde-de-termin-concours.html</link>
		<description><![CDATA[Les sujets les plus récents dans [RP Officiel] Les nouvelles terres - Le Monde de Termïn (concours).]]></description>
		<lastBuildDate>Thu, 17 Mar 2016 16:59:44 +0000</lastBuildDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [RP Officiel] Les nouvelles terres - Le Monde de Termïn (concours)]]></title>
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			<description><![CDATA[<p>Je vais commencé le transfert du post vers l&#039;autre forum aujourd&#039;hui ^^ Nous avons complètement oublie ce post, désolé.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (River_Lepine)]]></author>
			<pubDate>Thu, 17 Mar 2016 16:59:44 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [RP Officiel] Les nouvelles terres - Le Monde de Termïn (concours)]]></title>
			<link>http://fr-minecraft.net/forum/message-222361.html#p222361</link>
			<description><![CDATA[<p>Je me permet de up après mon dernier up en novembre 2015...</p><p>Vae&#039;</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Vaegon)]]></author>
			<pubDate>Thu, 17 Mar 2016 06:29:46 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [RP Officiel] Les nouvelles terres - Le Monde de Termïn (concours)]]></title>
			<link>http://fr-minecraft.net/forum/message-217515.html#p217515</link>
			<description><![CDATA[<p>Super merci !</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Vaegon)]]></author>
			<pubDate>Mon, 09 Nov 2015 06:28:41 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [RP Officiel] Les nouvelles terres - Le Monde de Termïn (concours)]]></title>
			<link>http://fr-minecraft.net/forum/message-217493.html#p217493</link>
			<description><![CDATA[<p>Bonsoir Oups on la un peu laissé Trainé celui la faut bien l&#039;avoué. je remonte sa au Staff Srp on va vous donné une date .</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (twocram)]]></author>
			<pubDate>Sun, 08 Nov 2015 00:05:02 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [RP Officiel] Les nouvelles terres - Le Monde de Termïn (concours)]]></title>
			<link>http://fr-minecraft.net/forum/message-217459.html#p217459</link>
			<description><![CDATA[<p>Toujours aucune réponse ?</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Vaegon)]]></author>
			<pubDate>Thu, 05 Nov 2015 20:41:29 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [RP Officiel] Les nouvelles terres - Le Monde de Termïn (concours)]]></title>
			<link>http://fr-minecraft.net/forum/message-216685.html#p216685</link>
			<description><![CDATA[<p>J&#039;up la page pour éviter son oublie.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Vaegon)]]></author>
			<pubDate>Thu, 01 Oct 2015 05:37:52 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [RP Officiel] Les nouvelles terres - Le Monde de Termïn (concours)]]></title>
			<link>http://fr-minecraft.net/forum/message-216014.html#p216014</link>
			<description><![CDATA[<p style="text-align: center"><span class="bbu">L&#039;ère Impériale</span></p><p style="text-align: justify">Lorsque Arrnelod nous conta cette époque, je que remarquais que le timbre de sa voix trahissait une certaine nostalgie. Pour cause, l&#039;ère Impériale est considérée comme la période la plus faste qu&#039;est connue Termïn, ainsi que la plus paisible&#160; &#160;: les conflits cessèrent pendant près de 80années. Tant est si bien (et je m&#039;en excuse) que le paragraphe qui lui sera dédié sera court&#160; &#160;: il y a trop peu à dire&#160; &#160;!</p><p style="text-align: justify">Après la reddition, Milusa plaça à la tête de Port Pourri ses propres pantins, et la construction de l&#039;Empire à proprement parler pu commencer. Les différentes monnaies du continent s&#039;éteignirent, du moins officiellement fondues pour en récupérer l&#039;or, laissant place à la monnaie unique (comme promis), le «lucre impérial», surnommé plus simplement «lucre». Cette première mesure, rapidement suivie de l&#039;unification globale des tarifs et règlements douaniers, furent les piliers de la réussite de l&#039;Empire&#160; &#160;: le commerce explosa, et les caisses des cités se remplirent considérablement. Haranie, auto-proclamée (et non contestée) capitale impériale, pu se doter des bâtiments inhérents à cette revendication&#160; &#160;: une banque centrale fut édifiée (ancêtre de la banque actuelle), ainsi qu&#039;un palais gouvernemental (sur le terrain occupant aujourd&#039;hui la villa du Commandeur) véritable cœur de l&#039;organisation. Les négociations y étaient menées, les décisions prises, les lois ratifiées, leur bonne application surveillées, tout en un. Ce statut fut en quelque sorte la consécration de sa puissance, faisant d&#039;elle le lieu le plus important de tout Termïn&#160; &#160;: son influence rayonnait sans limite aucune.</p><p style="text-align: justify">Reste un détail qui mérite que l&#039;on y porte attention&#160; &#160;: s&#039;il y a Empire, il y a Empereur. Mais qui est-il&#160; &#160;? Théoriquement, il n&#039;y en a pas. Enfin si, mais pas qu&#039;un seul&#160; &#160;: les dirigeants des quatre grandes cités forment une sorte de conseil suprême, que l&#039;on nommait à l&#039;époque le «Quadracéphale» (référence au fait que l&#039;Empire avait à sa direction, sur le papier, quatre têtes). Ils débattaient des mesures à prendre, et les faisaient voter par un conseil restreint, une dizaine de personnes qu&#039;ils nommaient pour quelques années parmi les nobles et bourgeois de leur cité respective. Seulement dans les faits, le Quadracéphale n&#039;était qu&#039;une chimère que l&#039;on agitait pour faire croire à un semblant de pluralisme&#160; &#160;: le dirigeant d&#039;Haranie était le dirigeant de l&#039;Empire, point à la ligne. Les trois autres n&#039;avaient en pratique qu&#039;un rôle d&#039;assistance</p><p style="text-align: justify">C&#039;est ainsi que pendant un peu moins d&#039;un siècle, tout est allé bien dans le meilleur des mondes. Port Pourri fut reconstruit en un temps record et devint le pôle industriel de Termïn, accueillant par le même coup une nouvelle classe sociale en pleine émergence&#160; &#160;: les ouvriers. Les campagnes devinrent sûres, les routes surveillées, les brigands éliminés… Chacun pu enfin vaquer sereinement à ses occupations. Avec la fin des guerres vint la fin des famines, avec la monnaie unique la fin des crises et fluctuations des cours… Un véritable âge d&#039;or.</p><p style="text-align: justify">Il faut aussi savoir que toute l&#039;organisation administrative ainsi que la grande majorité des lois régissant aujourd&#039;hui Termïn découlent de l&#039;Empire. Ces 80années, aussi paisibles soient-elles, ont marqué un tournant majeur dans la construction du continent, dans son visage autant que son fonctionnement.</p><p style="text-align: justify">Heureusement, comme vous le savez si bien, toutes les bonnes choses ont une fin. L&#039;Empire, aussi beau soit-il, est périssable&#160; &#160;: après des années d&#039;efforts et de sangs, il va s&#039;effondrer en seulement quelques années pour une banale histoire de succession…</p><br /><p><span style="color: #F88406">- Cinquième ère&#160; &#160;(ère actuelle) : Déchéance et indépendance</span></p><br /><p style="text-align: center"><span class="bbu">Déchéance</span></p><p style="text-align: justify">Après une vingtaine d&#039;année à la tête d&#039;Haranie (et donc de l&#039;Empire), Bosca Della Pricca décéda sans laisser le moindre héritier. Le «Quadracéphale» se réunit immédiatement, c&#039;était une situation inédite et à haut risque&#160; &#160;: pour la première fois, le pouvoir était laissé vacant. Les décisions furent rapidement prises&#160; &#160;: il allait falloir mener un travail de fourmis dans l&#039;analyse des arbres généalogiques des Della Pricca pour retrouver le plus proche descendant mâle… Mais hors de question de laisser le poste vide aussi longtemps&#160; &#160;: il fallait un régent temporaire jusqu&#039;à nomination de l&#039;héritier choisi. Deux grands noms haraniens apparurent comme les meilleures possibilités. D&#039;un côté&#160; &#160;: Draak Malor (ouioui, le père de notre Ker Malor adoré), chef de la flotte impériale, marin et stratège très compétent et reconnu. De l&#039;autre&#160; &#160;: Comte Klerc Hilldemarck Van Kaizergulden, excentrique et richissime générale de l&#039;armée impériale, il bénéficiait d&#039;un fort soutien de la part de la bourgeoisie haranienne et une partie de l&#039;état-major, mais était plus impopulaire au sein des couches plus modestes. <br />Seulement, un troisième candidat trouva dans cette affaire de succession le moment opportun pour faire son apparition. Nous les avions oublié depuis Bravile Della Pricca, mais ils étaient toujours bien en vie, et désireux de reprendre un pouvoir qui leur a été arraché depuis des décennies&#160; &#160;: il s&#039;agissait bien évidemment des familles Lisabeau et Proscel. Leurs avances furent immédiatement rejetées par le Quadracéphale (ou plutôt Tricéphale, pour le moment), mais les deux familles avaient plus d&#039;un tour dans leur sac… Leur première idée fut de s&#039;allier à Draak Malor, lui qui partait favoris pour la nomination. Malheureusement pour lui, l&#039;or du Comte parla&#160; &#160;: Lisabeau et Proscel le rejoignirent. Il avait parfaitement conscience que les avoir à ses côtés pourrait lui rendre un semblant de légitimité auprès du reste de la population.</p><p style="text-align: justify">Draak Malor fut s&#039;en surprise nominé comme régent, mais cette honneur lui fut fatale&#160; &#160;: quelques jours seulement après l&#039;évènement, le complot des Lisabeau/Proscel/Comte le frappa implacablement&#160; &#160;: lors d&#039;une grande réception organisée au Palais Gouvernemental, alors que le Comte félicitait pompeusement (et oh combien hypocritement) Draak pour sa nomination, un individu jaillit soudainement de la foule, dague en main. Avant que qui que ce soit ne comprenne que l&#039;étrange objet effilé et étincelant à la lumière des lustres qu&#039;il tenait était une arme, il fondit sur Draak et lui asséna froidement un coup de sa dague dans le dos&#160; &#160;: sa victime s&#039;effondra dans un cri déchirant de souffrance. La panique s&#039;empara aussitôt des invités, panique dont allait profiter l&#039;assassin pour s&#039;évaporer. Seulement, au moment où il fendait la foule pour se précipiter vers la sortie, deux individus lui barrèrent soudain le passage, et l&#039;immobilisèrent&#160; &#160;: Erval Lisabeau et Lalera Proscel (comme par hasard). Et dans une scène digne d&#039;un conte chevaleresques pour enfant, le Comte dégaina son épée et tua le coupable d&#039;un estoc redoutablement précis, droit dans le cœur, en hurlant «<em>Justice pour le régent&#160; &#160;!</em>».</p><p style="text-align: justify">Pour les témoins, tout était limpide&#160; &#160;: un déluré avait tué Draak Malor, et le Comte, aidé des Lisabeau et Proscel, lui avait, avec grande noblesse, rendu justice. La réalité était bien évidemment toute autre&#160; &#160;: l&#039;assassin était un des très nombreux et misérables débiteurs des Lisabeau/Proscel. Ils lui avaient promis l&#039;annulation de toutes ses dettes s&#039;il parvenait à tuer Draak durant la réception puis à s&#039;enfuir. Bien-sûr, ils ne lui précisèrent pas qu&#039;il était ensuite prévu que le Comte l&#039;élimine à son tour. Un succès complet.</p><p style="text-align: justify">Malgré l&#039;aspect indubitablement suspect de cet assassinat, le «Tricéphale» craignit sûrement que la nouvelle ne mette le feu aux poudres ou ne déclenche une panique généralisée&#160; &#160;: le Comte Klerc Hilldemarck Van Kaizergulden fut le soir-même nommé régent. Ils pensaient sauver ainsi l&#039;Empire d&#039;une période de trouble, mais cette décision allait avoir des conséquences qui dépasseraient même leurs pires cauchemars… Un homme fou à lier tenait désormais Termïn dans le creux de sa main.<br />Le ton fut d&#039;ailleurs vite donné&#160; &#160;: le Comte fit nuit blanche, le temps de dicter et faire imprimer ses premières mesures, dont entre autre l&#039;élévation des Lisabeau/Proscel aux rangs de grands ministres du régent, réduction du «Tricéphale» en simple conseil consultatif, privilèges ridiculement injustes accordés aux proches amis du Comte, etc… Il rendit aussi public sa volonté de reconstruire Haranie dans sa globalité, la ville actuelle le dégoûtant et lui donnant des montées de nausées dès qu&#039;il jetait un œil dehors. Fou à lier. Le Tricéphale tenta bien de contester, mais le seul résultat concret de leurs tentatives fut leur bannissement du Palais Gouvernemental&#160; &#160;: en l&#039;ayant élu, ils lui avaient eux-mêmes donné une certaine légitimité, dont il usait désormais pour justifier les plus saugrenues de ses décisions. Et surtout, l&#039;armé était de son côté. La déchéance promettait donc d&#039;être fulgurante.</p><p style="text-align: justify">Comme promis, il fit reconstruire la cité à son goût. Et avant-cela, il fallut bien évidemment faire de la place&#160; &#160;: l&#039;ancien secteur Lisabeau/Proscel fut entièrement rasé (avec leur aveugle soutient), de même que l&#039;obélisque de Bravile Della Pricca. Les habitants, bien souvent peu aisés, furent réquisitionnés pour reconstruire sur les ruines de ce qui avait été leur lieu de vie (parfois depuis des générations). Mais quels matériaux utiliser&#160; &#160;? La vulgaire pierre et rocaille, c&#039;est l&#039;affaire du gueux. Le Comte voulait de l&#039;excentrique, du tape à l&#039;œil&#160; &#160;! Son regard va se tourner vers les récifs de coraux qui formaient une sorte de barrière naturelle, à l&#039;Ouest, au large de la ville&#160; &#160;: la couleur rosée du corail lui convenait parfaitement. Et pour ce qui était de le récupérer, comptez sur lui pour des idées lumineuses&#160; &#160;: il fit remplir de poudre les cales de tous les navires qu&#039;il put réquisitionner, et les envoya se briser un à un contre la barrière pour la fendre et pouvoir récupérer les fragments… De mémoire d&#039;Homme, on n&#039;avait encore jamais assisté à un tel gâchis. Avec une opiniâtreté d&#039;enfant capricieux, le régent sacrifia les deux tiers de la flotte de Haranie, n&#039;épargnant que ses vaisseaux de guerre. Le Fréove premier du nom compta malgré tout (sans doute par erreur) parmi les navires de ce crash test géant&#160; &#160;: on ne le chargea pas assez de poudre, et l&#039;explosion ne détruisit qu&#039;une partie de la coque, le faisant chavirer. On tenta à grande peine de le renflouer, et on rappela au régent que ce navire avait une forte valeur symbolique, tout en soulignant que la quasi-totalité des pêcheurs de la ville n&#039;avaient plus de bateaux… En vain. Cela, il ne s&#039;en souciait guère, puisqu&#039;en quelque mois il obtint de quoi rebâtir Haranie à son goût… Les travaux de la Basilique débutèrent (il voulait un monument à la hauteur de sa gloire personnelle), ainsi que l&#039;édification dans des temps records des nouveaux quartiers (quand on tient toute une population servile à ses ordres, ça va tout de suite plus vite, hein). Ainsi naquirent l&#039;actuel quartier moyen cerclant la Basilique, de même que le quartier commerçant.</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Mais ce n&#039;était toujours pas assez, le port commercial ne lui plaisait guère&#160; &#160;: trop pauvre, trop laid... Il détruisit la bibliothèque afin de l&#039;agrandir, et ordonna qu&#039;une horloge monumentale soit érigée&#160; &#160;: SA ville se devait d&#039;être vue et admirée de loin. En un an, il rendit Haranie méconnaissable… Et avait aussi vidé les comptes de celle-ci. Heureusement, pour assouvir ses fantasmes architecturaux, il disposait d&#039;une manne considérable&#160; &#160;: les fonds impériaux. Impôts, taxes, douanes,… Tous les lucres destinés à être redistribués dans tout Termïn furent dès lors inlassablement absorbés par les insatiables délires du régent. Et tant qu&#039;à faire, autant aussi récupérer le peu que les haraniens avaient encore dans les poches&#160; &#160;: il mit en place un système de prime pour accéder aux meilleurs logements. Seules ceux capables de s&#039;acquitter de celle-ci pouvaient s&#039;installer dans les nouveaux quartiers, et les lucres tombèrent directement dans son escarcelle. Ceux qui ne purent payer furent chassés hors de la ville ou renvoyés dans les quartiers miteux bordant l&#039;Ouest du port commercial, que le régent avait laissé tel quel&#160; &#160;: il fallait bien laisser un peu de place aux rats du bas peuple. Enfin, un système encore plus destructeur et apauvrissant fut mis en œuvre par les experts financiers de la cité : les mutations monétaires. Les pièces d&#039;ors de la cité étaient réquisitionnées et rognées d&#039;une partie de leur or, part ensuite remplacée par l&#039;injection de métaux moins nobles (bronze notamment) camouflant la perte objective de valeur en rendant à la pièce son poids d&#039;origine. La part d&#039;or extraite encaissé dans la trésorerie du Comte, les pièces pouvaient ensuite être rendues à leur propriétaire sans que la nature de l&#039;opération menée ne soit précisée. Cependant, les commerçants n&#039;étaient pas dupes, c&#039;était un secret de polichinelle. Ils compensèrent la perte de valeurs du lucre par une hausse des prix généralisée sans que le revenu global de la population ne suive le mouvement, rendant toujours plus difficile et coûteux le quotidien des citadins.</p><p style="text-align: justify">L&#039;or entre ses mains, il put reprendre les grands travaux&#160; &#160;: aux tours du port militaire et l&#039;ancienne zone des Della Pricca. Étant donné que ce secteur était destiné à accueillir ses plus proches amis/partenaires, ainsi que sa propre demeure, il dépensa sans compter (il ne le faisait pas depuis le début, mais à partir d&#039;ici, cela prit une proportion tout autre) et la première chose faite fut l&#039;édification d&#039;une barrière séparant cette zone réservée aux plus illustres et richissimes haraniens du reste de la cité. Les travaux durèrent trois années (dont une entière rien que pour sa propre villa, qui était en fait l&#039;ancien palais gouvernemental), et dépassèrent de six fois le budget initial (et pas dans une hausse du salaire des ouvriers, je vous rassure&#160; &#160;: un bout de pain le matin, un bout de pain le soir, et au lit dans le taudis). Alors que les travaux avançaient, le Comte passait le plus clair de son temps à clamer qu&#039;il voulait plus grand, plus travaillé, plus somptueux,…</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">De la même manière que ses nouvelles exigences s&#039;accumulaient, toujours plus extravagantes et coûteuses&#160; &#160;: quitte à rebâtir le port militaire, pourquoi ne pas le doter d&#039;une nouvelle prison couplée à une forteresse pour ses généraux&#160; &#160;? Pardon, nous avons des pierres en trop, vous dites&#160; &#160;? Parfait, qu&#039;on me ponde une deuxième tour, une seule me paraît bien fade. Toujours du stock&#160; &#160;? Et bien abattez-moi ce phare, il est tellement repoussant qu&#039;il aurait plutôt mérité le titre de champignon. A la place, qu&#039;on m&#039;érige un phare digne de mon nom, dont la lanterne seule coûtera l&#039;équivalent de 6 mois de revenus impériaux…</p><p> </p><p style="text-align: justify">Sans discontinuer, le Comte dilapida les ressources de même que ce qu&#039;il restait des fonds impériaux dans ses fantasmes architecturaux, redessinant Haranie selon son bon plaisir tout en ruinant l&#039;ensemble de Termïn. Et ce pendant quatre longues années…</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Le ton d&#039;Arrnelod, lorsqu&#039;il nous conta cette difficile épreuve qu&#039;eurent à traverser les couches de populations les plus modestes, changea sensiblement. Toute gaieté s&#039;en était évaporé, et il donna à plusieurs reprises l&#039;impression de se parler à lui-même, nous oubliant et se servant du récit comme exutoire de souvenirs douloureux à porter. Il n&#039;était alors qu&#039;un adolescent, j&#039;eu beau tenter d&#039;obtenir plus de détails sur ce qu&#039;il avait personnellement vécu, il resta invariablement muet sur le sujet. Une expérience lourde à porter, sans le moindre doute.</p><p style="text-align: justify">Ceux qui suivent encore doivent se demander alors&#160; &#160;: pourquoi pendant seulement quatre ans&#160; &#160;? Il disposait de l&#039;armé et des bourgeois à sa guise, une révolte aurait été matée sans la moindre difficulté… Alors pourquoi&#160; &#160;? Eh bien, c&#039;est que le Tricéphale n&#039;avait point chômé. Le détournement des fonds impériaux ne devint que trop évident, et les principales cités se rallièrent à l&#039;appel de ce premier&#160; &#160;: il était temps de mettre fin à cette régence catastrophique qui mettait les finances du continent tout entier dans le rouge. </p><br /><p style="text-align: center"><span class="bbu">Bataille sur mer (la rade et la chute de Port Fleuri)</span></p><p style="text-align: justify">Une armada respectable fut constituée et fit cap sur Haranie, avec pour objectif de déposer le Comte sans avoir à ouvrir le feu. Je vous laisse imaginer oh combien leur surprise fut grande lorsque, une fois en vue du port, ils se retrouvèrent nez à nez avec la flotte haranienne au grand complet et en branlebas de combat… Le Comte avait eu vent, via les Lisabeau/Proscel, de ce qui se tramait… Et dans une crise de paranoïa des plus sévères, il ordonna la mise à mort des traîtres à l&#039;Empire ainsi qu&#039;à sa personne. L&#039;ordre fut donc appliqué à la lettre par un certains Ker Malor, alors tout jeune amiral de la flotte impériale (qui ignorait bien évidemment que son régent était l&#039;assassin de son illustre père). Sans sommation d&#039;aucune forme, la flotte haranienne entama les hostilités, engageant tous les navires du Tricéphale qui s&#039;étaient trop avancés pendant que ces derniers faisaient nerveusement (et très naïvement) hisser le drapeau le blanc au reste de ses navires dans une tentative désespérée de calmer le jeu. Il lui fallut un temps péniblement long pour saisir que le régent n&#039;avait aucune envie de parlementer, et ce n&#039;est qu&#039;après un carnage confus d&#039;une bonne dizaine de minutes que le Tricéphale se décida enfin à battre en retraite, abandonnant derrière lui une demi-douzaine de ses meilleurs bâtiments, ridiculement envoyés par le fond pendant que leur navire amiral leur ordonnait de ne pas répliquer. On ne peut pas même parler de bataille, puisque l&#039;un des camps ne combattit pas&#160; &#160;: les équipages n&#039;eurent d&#039;autre choix que d&#039;attendre patiemment une mort s&#039;annonçant pitoyable. Certains allèrent tout de même à l&#039;encontre des ordres, tentant de contre attaquer, sinon au moins de prendre la fuite…</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Malheureusement, Ker Malor ne leur laissa aucune échappatoire, profitant des consignes contradictoires du Tricéphale et du manque de réactivité des vaisseaux adverses pour les disperser et les éliminer un à un. Ils sombrèrent en feu, nimbant l&#039;eau de la rade d&#039;immenses flammes rougeoyantes et crachant d&#039;immenses colonnes d&#039;une fumée noire et épaisse dont les miasmes se répandirent à des miles et des miles à la ronde, masquant le Soleil et noircissant la végétation. Un épisode bien peu glorieux et très angoissant pour les populations alentours…</p><p style="text-align: justify">Le Comte ordonna que les capitaines des navires à la solde de ce qu&#039;il considérait comme des traîtres et dangereux révolutionnaires soient pris vivant, exécutés sur la grande place de la Basilique, et leur tête plantées aux rambardes de sa villa. Six malheureux finirent ainsi, leurs restes offerts aux charognards…</p><p style="text-align: justify">Maintenant, aussi ridicule fut-elle, la bataille de la rade de Haranie fut la réelle pierre angulaire de la construction du mouvement indépendantiste (et donc anti-impériale) qui s&#039;empara peu à peu de Termïn, puisque le continent se coupa en deux selon les propagandes auxquels les cités étaient les plus réceptives. D&#039;un côté, le Comte se présentait en victime&#160; &#160;: régent légitime, son autorité faisait désormais l&#039;objet d&#039;une contestation digne d&#039;un crime de lèse-majesté, agressé jusque dans sa ville par ces dangereux contrevenants à l&#039;ordre impériale. De l&#039;autre, le Tricéphale, clamant haut et fort l&#039;urgente nécessité de déposer ce Comte fou et dépensier, qui ruinait l&#039;Empire et risquait de le mener à la faillite, synonyme de destruction (ou tout du moins de chaos, ce dont tout le monde se passerait agréablement).</p><p style="text-align: justify">Le discours du Tricéphale fut le plus écouté, et surtout, cru&#160; &#160;: dans bien des villes (surtout les trois autres Grandes), les effets des délires du Comte sur leurs fonds étaient indubitables et causes de ravages. Les caisses s&#039;étaient vidées jusqu&#039;aux derniers lucres, sans que cela ne leur apporte aucun bénéfice d&#039;aucune sorte, d&#039;où un mécontentement aussi compréhensible qu&#039;en hausse graduel, et ce au sein de toutes les couches de populations peu importe le rang/statut social ou hiérarchique (c&#039;est bien la première fois, d&#039;ailleurs).</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Si le Tricéphale et son initiative (catastrophique) furent les déclencheurs, le mouvement se construisit hors de l&#039;influence (tout du moins, hors de sa direction). Les véritables conciliateurs de la contestation se trouvèrent en fait dans les modestes mais oh combien nombreux et organisés ouvriers du Port Pourri. Frappés par les chutes des salaires, leurs relatives bonnes conditions de vie de l&#039;ère impériale avaient soudainement laissé place à une diète misérable. Dans les bars, les usines, le ton montait envers ces «&#160; &#160;Comtes et noblions&#160; &#160;» qui les appauvrissaient. Çà et là, des crieurs publics, hissés sur des monceaux de boîtes et autres promontoires de fortunes, haranguaient la foule dans des discours endiablés et n&#039;hésitaient pas à rallumer la rancune des guerres passées, qualifiant bien souvent Haranie d&#039;ennemi héréditaire. Ces paroles, non contentes d&#039;enhardir une population déjà prête à se révolter, fédéra aussi les paysans des hameaux alentours.</p><p style="text-align: justify">Et les volontés de certains à gagner du pouvoir ne manquèrent pas de s&#039;exacerber, les motivations politique se joignirent aux mouvements de contestations populaires dans le but de mettre à bas un Empire qui sombrait dans la décadence&#160; &#160;: Port Pourri avait dépassé Haranie depuis bien longtemps, à la fois dans l&#039;industrie que dans la production d&#039;énergie. Pourquoi s&#039;évertuer à rester sous sa domination, si la cité pouvait dès lors se subvenir à elle-même… Les dirigeants de l&#039;île Grenade suivirent un raisonnement identique, d&#039;autant plus qu&#039;une partie des navires envoyés par le fond lors de la tristement connue bataille de la rade appartenaient à sa flotte.</p><p style="text-align: justify">Ainsi resurgirent de l&#039;ombre, émanant du cœur de bien des hommes et femmes, des volontés émancipatrices&#160; &#160;d&#039;indépendance, puisant bien souvent dans le passé de leurs villes, autrefois les Quatre Grandes, aujourd&#039;hui sous le joug d&#039;une seule... On pourra toujours conjecturer des nuits entières, impossible de savoir si de tels sentiments se seraient soudainement éveillés si le Comte n&#039;avait pas dilapidé les richesses de tout le continent. Si ces revendications ont jailli avec une telle effervescence et une spontanéité aussi forte, cela veut sans le moindre doute signifier qu&#039;elles étaient belle et bien cachées au plus profond de chacun. La régence chaotique aura servi à la fois de déclencheur, et d&#039;inhibiteur…</p><p style="text-align: justify">Les deux cités saisissant la convergence de leurs motivations et objectifs, le Bicéphale (le Port Fleuri, refusant de se joindre au mouvement avait donc été exclu du Tricéphale) n&#039;eut qu&#039;à claquer des doigts pour que les flottes et milices respectives se placent à sa disposition. Leur première cible serait le Port Pourri&#160; &#160;: de la même manière que Milusa soumit Port Pourri par une guerre à trois contre un, le Bicéphale souhaitait privé Haranie de son unique soutient.</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">L&#039;affaire fut rondement menée. Au début de l&#039;été de la 80ème année de l&#039;Empire, la flotte combinée se présenta à l&#039;entrée du port de la paisible cité. Le branlebas de combat fut sonné, les drapeaux de guerres dressés au vent, et sous l&#039;œil effaré des habitants, les canons pointèrent droit sur eux. L&#039;armada bouchait l&#039;horizon dans toute son immensité, se figeant dans un véritable tableau d&#039;effroi. La panique s&#039;empara immédiatement de la ville, les cloches d&#039;alarmes sonnèrent lugubrement au-milieu des cris et bousculades qui se propageaient à travers chaque rue. Dans le port même, pris de terreur, d&#039;innombrables pêcheurs et autre marchands abandonnèrent leurs navires à quai, se joignant aux flots continus de fuyards apeurés qui couraient en tous sens en quête d&#039;un quelconque abri.</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Soudain, une voix venue de la vaste flotte du Bicéphale s&#039;éleva, aidée d&#039;un porte-voix. Le tohu-bohu cessa aussitôt, chacun désormais trop occupé à tendre anxieusement l&#039;oreille qu&#039;à fuir. L&#039;Amiral en chef soumettait la cité à un ultimatum&#160; &#160;: laisser ses navires accostés et occupés la ville sans faire de résistance… Sans quoi cette dernière serait irrémédiablement détruite, et sa population systématiquement massacrée. Le délai de réponse fut fixé à 24heures. La fin de l&#039;annonce vit la panique reprendre de plus belle, la peur générale désormais exacerbée par la perspective d&#039;être tué. Les sorties de la ville s&#039;obstruèrent de charrettes surchargés, de familles terrifiés, tous tentant de quitter au plus vite la ville. Ceux qui y parvenaient se répandaient ensuite dans les campagnes alentours, errant sans but, et s&#039;installaient misérablement là où ils le pouvaient. Déjà appauvris par quatre ans de régence du Comte fou, il fallait désormais subir cela...</p><p style="text-align: justify">Dire que les dirigeants de la cité étaient impuissants face à de tels évènements serait un euphémisme&#160; &#160;: ils étaient totalement dépassés. A peine la flotte visible, une partie des conseillers et secrétaires prirent la fuite, et l&#039;annonce de l&#039;ultimatum et son funeste présage déclencha une seconde vague de désertion. De chaque coin de rue fusaient cris et pleurs de terreur dont les échos planaient longuement au-dessus de la cité, formant un chant aux sonorités angoissantes. Il n&#039;y avait plus qu&#039;une chose à faire&#160; &#160;: demander secours à Haranie par les airs&#160; &#160;: les nouvelles montgolfières pouvaient rallier les deux cité en une douzaine d&#039;heure part vent fort, ce qui était ce jour-là le cas.</p><p style="text-align: justify">Ces 24heures furent sans doute les plus longues et les plus pénibles qu&#039;aient vécus Port Fleuri. L&#039;angoisse de la mort laissa place à celle de l&#039;attente, et un silence surréaliste s&#039;empara finalement de la ville dans les douze dernières heures. Chacun s&#039;était résigné à attendre, attendre la fin du cauchemar, ou la fin tout court. Certains priaient, d&#039;autres pleuraient silencieusement, tentant d&#039;oublier la mortelle menace qui pesait sur leur vie, et qui avait pour forme cette angoissante ligne de canons, froidement pointés sur eux.</p><p style="text-align: justify">La montgolfière finit enfin par revenir. Le messager traversa précipitamment la ville sous bonne escorte, sous l&#039;œil inquiet des citadins qui se regroupaient partout où il passait, espérant réponses et réconfort. Malheureusement, il portait ce qu&#039;on l&#039;on pourrait considérer comme la pierre tombale de la ville… La lettre qu&#039;il remit aux dirigeants, signée de la main du Comte Klerc Hilldemarck Van Kaizergulden lui-même, était en effet sans appel&#160; &#160;: Port Fleuri était livré à lui-même. Le régent était trop occupé à diriger l&#039;ameublement de sa villa toute neuve et pimpante&#160; &#160;: envoyer ses navires demanderait trop de temps et d&#039;effort, ce qui l&#039;ennuyait très fortement. </p><p style="text-align: justify">La lettre glissa de la main du dirigeant du Port Pourri, tourbillonnant sporadiquement quelques secondes dans les airs avant de s&#039;échouer sur le parquet, inerte. Telle est la façon dont les espoirs de la cité s&#039;évanouirent, dans un long et douloureux soupir aux saveurs d&#039;exaspérations aromatisées de fatalisme. L&#039;idéal aurait été une réponse positive marquée du sceau du Comte, preuve avec laquelle la cité aurait pu jouer la carte de la menace, annonçant à l&#039;assiégeant que lancer l&#039;attaque malgré tout reviendrait à offrir ses arrières à l&#039;armada haranien et son audacieux amiral Ker Malor&#160; &#160;: il ne louperait une telle occasion. Tout cela était désormais a oublié, même le bluff n&#039;était plus envisageable. La cité était désormais sans défense d&#039;aucune forme, livrée à elle-même. Le messager reparti précipitamment, espérant sans doute filer fissa dans sa montgolfière avant que le feu du Bicéphale ne se déchaîne.</p><p style="text-align: justify">Et tandis que les dirigeants n&#039;avaient plus que peurs et appréhensions pour se morfondre, résignés, la voix de l&#039;amiral s&#039;éleva soudain de nouveau au-dessus de la ville, les faisant sursauter&#160; &#160;: l&#039;ultimatum arrivait à terme. L&#039;annonce sonna le gong de leur deuil, dans une résonance des plus funèbres. Groggy, réalisant à peine qui ne leur restait plus que quelques instants pour réagir, un des hommes présents eu la présence d&#039;esprit de hurler que l&#039;on hisse partout dans la seconde les drapeaux blancs de la reddition, avec les moyens du bord s&#039;il le fallait&#160; &#160;: draps, chemise, tout était bon&#160; &#160;! Alors que les matelots du Bicéphale avaient déjà la main prête, à quelques centimètres du mécanisme de mise à feu, le Port Fleuri se para peu à peu de blanc&#160; &#160;: dans les rues, sur les toits et les quais, aux mats des navires encore au mouillage, aux plus hauts sommets des tours, une véritable éruption de couleur qui s&#039;offrit aux yeux abasourdis des équipages. En l&#039;espace de quelques minutes, la ville entière en était recouverte, la blancheur des drapeaux de fortunes flamboyant au Soleil alors à son zénith.</p><p> </p><p style="text-align: justify">Face à un tel spectacle, les canons du Bicéphale n&#039;eurent plus qu&#039;à se retirer derrière leurs sabords. Les chaloupes furent mises à la mer, et amiral du Port Pourri en tête, les assiégeants traversèrent sans la moindre explosion de violence la cité afin d&#039;obtenir la reddition formel et sans condition directement auprès de leurs homologues du Port Fleuri. Le fanion de la ville lui fut solennellement remis en main propre dans l&#039;ombre des frondaisons de l&#039;arbre centenaire de la grande place… Que l&#039;amiral lui rendit aussitôt&#160; &#160;: face à l&#039;abandon dont il avait fait l&#039;objet, Port Fleuri rejoignait immédiatement Bicéphale (reformant le Tricéphale). L&#039;histoire se répète, dit-on&#160; &#160;: une fois de plus, une guerre entre les Quatre prenait la forme d&#039;un déséquilibré trois contre un. Seulement Haranie n&#039;en n&#039;était plus le meneur, mais bien la cible.</p><p> </p><p style="text-align: justify">Le Tricéphale allait-il reprendre à son compte la simple et efficace stratégie dont avait fait usage Milusa&#160; &#160;? Le blocus commercial était déjà en place, mais en tant que (ex) capitale impériale, Haranie disposait de toutes les ressources et terres autour d&#039;elle pour soutenir l&#039;isolement. Qui plus, malgré la gestion catastrophique de sa trésorerie, le Comte restait un militaire de carrière, et la flotte haranienne était peut-être la seule chose qu&#039;il avait pris soin de préserver et développer&#160; &#160;: elle constituait une force considérable contre laquelle il était risqué de tenter bataille, et dissuadait de toute tentative de siège maritime.</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Que faire&#160; &#160;? La mer étant un terrain bien trop inhospitalier, il allait falloir se rabattre sur terre. Brûler les villages alentours&#160; &#160;? Un pari sûrement trop osé, les fantassins haraniens n&#039;étaient pas non plus à prendre à la légère. Le tout était d&#039;occuper une place forte qui servirait comme plateforme de lancement à des raids rapides et précis visant les fermes qui assuraient alors l&#039;approvisionnement de la cité. Seulement, Termïn, à l&#039;inverse d&#039;Origine, n&#039;était pas une terre de château-forts et autre citadelles. Ces dernières n&#039;étaient qu&#039;une poignée, savamment éparpillées sur tout le continent. Les Della Pricca avaient pris soin, avant leur fin, de liquider toutes les forteresses qu&#039;ils jugeaient trop dangereuses, ne laissant que des places fortes dites «&#160; &#160;naturelles&#160; &#160;». C&#039;est sur l&#039;une d&#039;elle que le Tricéphale allait jeter son dévolu.</p><br /><br /><p style="text-align: center"><span class="bbu">Bataille sur terre (le verrou de Krasla et la reddition)</span></p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Laquelle&#160; &#160;? Et bien, cette chère communauté des Hauts de Krasla, voyons&#160; &#160;! Intégré à l&#039;Empire mais parfaitement autonome dans la gestion de ses petites affaires, ce village occupait l&#039;inhospitalier plateau de Krasla, au cœur de la chaîne du même nom. Cerclé des fameux et infranchissables «&#160; &#160;Hauts&#160; &#160;», ce plateau n&#039;était accessible que par un unique et oh combien dangereux col au tracé chaotique. Ce dernier, partant des racines des montagnes, serpentait ensuite tant bien que mal entre les pics et les failles comptant parmi les plus impressionnantes (et mortelles) de Termïn, suivant le cours de «&#160; &#160;l&#039;Ifrit Bleu&#160; &#160;», rivière limpide mais glaciale descendant directement du glacier de Krasla. Le sentier du col, à son terme, débouchait d&#039;ailleurs directement sur lui&#160; &#160;: une vaste retenue d&#039;eau partiellement figée par le froid selon la saison, de laquelle émergeaient çà et là d&#039;immenses formations de glaces, véritables pics gelés pointant vers le ciel et écrasant les voyageurs par leur taille. Le village en lui-même se trouvait juste derrière eux, clairsemé, les maisons s&#039;élevant ici et là au beau milieu d&#039;une forêt boréale très bien conservée.</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Depuis sa création et des siècles durant, le col ne fut ouvert que durant des périodes très courtes s&#039;étendant de la fin de l&#039;été à la mi-automne (trois ou quatre semaines par an tout ou plus donc, et seulement lorsque le temps se révélait particulièrement clément). En hiver, s&#039;y engager relevait du suicide&#160; &#160;: tempêtes de neige à répétition, températures au-delà de l&#039;humainement supportable... Si le vent (d&#039;une violence effarante sur tout le tracé du col, car renforcé par l&#039;effet entonnoir créé par les pics et hauts l&#039;entourant)&#160; ne projetait pas l&#039;alpiniste imprudent dans l&#039;une des insondables faille bordant le parcours, celui-ci pouvait encore le dépecer vivant en projetant sur lui des mitrailles de glaçons et rochers effilés, lacérant cruellement vêtements et chairs (un phénomène effrayant et très régulier en début de saison). Le voyageur pouvait tout aussi bien périr plus loin, dans une avalanche, ou tout simplement de froid et de faim, vaincu par Krasla. Cette chaîne de montagne acquis, au fil des expéditions, une véritable réputation de tueuse invétérée, ne recrachant pas même les corps de ceux qu&#039;elle prenait. Ses belles pentes d&#039;un blanc immaculé cachaient un monstre redoutable… Pour faire bref, l&#039;hiver, le col de Krasla n&#039;était tout simplement pas fait pour l&#039;Homme.</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Du printemps jusqu&#039;au milieu de l&#039;été, il était à peine plus accueillant. Les eaux de l&#039;Ifrit Bleu considérablement gonflée par la fonte des neiges et des glaces, celui-ci débordait alors invariablement de son lit et se transformait en torrent, véritable rouleau compresseur balayant alors tout ce qu&#039;il trouvait sur son passage&#160; &#160;: pierres ayant chutées au cours de l&#039;hiver, arbres, Hommes… Les corps des malheureux ayant tentés le passage à cette période de l&#039;année étaient alors retrouvés dans les eaux bien plus calmes de l&#039;aval, flottant en grappes funèbrement angoissantes qui faisaient alors offices d&#039;avertissement à quiconque voulait les imiter. Ne restait donc que la fin de l&#039;été&#160; &#160;pour passer : températures glaciales mais supportables, vents moins féroces, possibilité de trouver du gibier… </p><p style="text-align: justify">Pourquoi ai-je employé le passé dans cette description&#160; &#160;? Car une fois l&#039;Empire établi, des travaux colossaux furent engagés pour pérenniser la traversée du col&#160; &#160;: on tenta de renforcer les berges de l&#039;Ifrit Bleu pour limiter les débordements et casser son débit bien trop élevé lors des fontes via des digues, on tenta d&#039;ériger des semblants de murets aux points les plus dangereux (en bordure de faille), et on construisit enfin des abris à quelques lieux clés, afin que les voyageurs puissent y faire halte pour se reposer au chaud ou se protéger d&#039;une tempête. Menés par des spécialistes, ces travaux permirent une véritable sécurisation du parcours, et le col fut dès lors abordable sur une période bien plus&#160; &#160;longue s&#039;étendant de la fin du printemps à la mi-automne (trois à quatre mois environs contre un seul avant)&#160; &#160;!</p><p style="text-align: justify">Mais malgré cette immense avancée, le col restait l&#039;unique point de passage, et le Tricéphale comptait bien s&#039;emparer d&#039;un avant poste terrestre aussi facilement défendable. Profitant de la nouvelle fenêtre d&#039;ouverture du col, il y envoya d&#039;abord des fantassins en nombre afin d&#039;occuper le modeste village du plateau&#160; &#160;: il s&#039;agissait certes de neutres montagnards, mais rien ne laissait entendre qu&#039;ils toléreraient la transformation de leur lieu de vie ancestral en bastion. Qui plus est, ils étaient reconnaissants envers l&#039;Empire pour les travaux opérés sur le tracé du col, qui avaient grandement facilité l&#039;exportation (et donc les gains) de leurs rares productions marchandes&#160; &#160;: laine de mouton et fromage. S&#039;assurer qu&#039;ils ne se rebelleraient pas face aux indépendantistes était donc une priorité.</p><p style="text-align: justify">La deuxième vague fut composée par deux types d&#039;ingénieurs&#160; &#160;: d&#039;un côté, des experts du génie militaire chargés d&#039;étudier en profondeur la topographie du plateau, et de dessiner le plus rapidement possible les plans des premières fortifications. De l&#039;autre, des experts proto-industriels venus tout droit du Port Pourri, quant à eux chargé de mettre en œuvre l&#039;exploitation d&#039;une ressource clé que les montagnards locaux n&#039;avaient pas touché&#160; &#160;: le fer, dont Krasla était un gisement géant. Sans bergogne, tout ce petit monde s&#039;installa sur le village de la communauté, fabricant des casernes de fortunes en abattant chaque jour plus de sapins et conifères.</p><p> </p><p style="text-align: justify">Haranie ne put fermer les yeux bien longtemps, et les premiers raids destructeurs opérés depuis ce point d&#039;ancrage beaucoup trop près de lui à son goût dès l&#039;été commençaient à exaspérer le Comte lui-même. Une expédition punitive fut lancée, avec pour objectif d&#039;atteindre le plateau de Krasla juste avant la fin de la saison de passage pour y renverser aussitôt l&#039;occupant. Cette tentative trop hâtive tourna au fiasco. Les hommes pensaient pouvoir s&#039;approvisionner en chemin, auprès des différents villages ponctuant la route entre Haranie et les premières racines de la chaîne de Krasla. Or il s&#039;agissait de ces villages que les quelques raids lancés par les indépendantistes avaient visé, et l&#039;expédition n&#039;avait pas le temps de faire milles détours pour atteindre les hameaux plus éloignés&#160; &#160;: elle arriva au pied de Krasla avec peu de provisions et de laines contre le froid. Devant faire face à un gel étonnamment rigoureux pour la saison et au manque de nourriture, l&#039;ascension, lente et pénible pris un retard lourd de conséquence&#160; &#160;: les fantassins arrivèrent au glacier épuisés, incapables ou presque de se battre. La première fortification édifiée par les occupants du Tricéphale n&#039;était rien de plus qu&#039;une frêle palissade de bois, mais même cet obstacle se révéla en vérité bien trop grand et insurmontable pour eux. Ils y brisèrent en quelques jours le peu de moral combatif qu&#039;il leur restait à force d&#039;assauts peu probants et meurtriers. Et pendant qu&#039;ils s&#039;évertuaient à passer, le temps s&#039;écoulait, et avec lui avançait inexorablement l&#039;hiver…</p><p style="text-align: justify">Après quatre jours d&#039;infructueuses tentatives, les haraniens décimés levèrent le camp, s&#039;engageant dans la descente du col sans rien dans le ventre et pas plus que leurs laines sur les épaules au début de l&#039;hiver, la période la plus propice aux vents porteurs de mitrailles… Ce qui devait arriver arriva&#160; &#160;: à mi-parcours, l&#039;expédition se retrouva perdue en pleine tempête. Epuisée à la limite du possible, l&#039;immense majorité des hommes n&#039;eut ni le temps ni la force de gagner l&#039;un des abris aménagé dans la paroi&#160; &#160;: les plus faibles furent fauchés et projetés dans le vide par une bourrasque cinglants, leurs corps disparaissant en tournoyant jusqu&#039;à être avalé par le noir béant de la faille. Ceux qui tenaient encore bon se cramponnaient du mieux qu&#039;ils le pouvaient à la paroi ou au sol rocheux grâce à leurs piolets, immobiles et prostrés. Les cris d&#039;encouragement de leurs camarades ne leurs parvenaient pas, couvert par le hurlement féroce du vent ou encore l&#039;état de survie pur dans lequel ils luttaient alors, où le moindre instant de défaillance leur promettait un allez simple vers la mort. Pendant de longues minutes, ils tinrent bon, gîtant retranchés dans leur plus extrême limite, serrant leurs piolets à la seule force de leur volonté (la dernière qu&#039;il leur restait, pour ainsi dire).&#160; </p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Soudain, le bruit continu du torrent de vent laissa peu à peu place à un son nouveau, celui d&#039;un martèlement furieux et aigu, comme si des milliers de galets se percutaient et s&#039;entrechoquaient dans un ballet infernal. La mitraille arrivait… D&#039;abord un lointain écho, le bruit gagna au fil des secondes en puissance et en résonance. Les parois du pic que le tracé du col contournait se mirent à trembler, puis, totalement tétanisés par la terreur, les hommes à l&#039;abri virent déboucher au loin, ressortant nettement des congères de neiges blanches, la masse menaçante, grisâtre et difforme des pierres projetées par la tempête. Trop abasourdis pour réagir, ils n&#039;eurent pas même l&#039;occasion d&#039;avertir leurs amis encore éparpillés sur le sentier&#160; &#160;(de toute manière, certains avaient probablement déjà perdu conscience, défait par l&#039;épuisement et le froid), car à peine aperçues, elles étaient sur eux.</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Une vingtaine de secondes durant, les haraniens qui n&#039;avaient pas encore gagné l&#039;abri accusèrent les coups, cruels, sans le moindre répit. En quelques instants seulement, la tempête les dépiauta vif, chaque pierre les frappant retirant un nouveau lambeau de chair ou se plantant dans leur dos… Les plus chanceux furent tués d&#039;un seul coup par un rocher bien plus massif leur fracassant le crâne ou leur faisant lâcher prise, les projetant dans le vide, une mort sûrement préférable à la boucherie que la tempête déclenchait. Finalement, ayant le plus souvent les mains et les bras tranchés par la mitraille, les derniers corps (ou demi-squelettes, au vu l&#039;état) furent emportés à leur tour, ne laissant à la fin de la tempête que ceux qui avaient fini empalés au sol par un cône de glace ou de pierre long et effilé.</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Lorsque le vent perdit enfin en intensité, et que les congères se dispersèrent, les survivants purent enfin abandonner leur abri. Mais ils ne risquèrent cependant pas même un coup d&#039;œil en direction de ce qui fut jusqu&#039;il y a quelques instants leurs camarades. Avoir vu leur mort les torturerait déjà suffisamment pour le restant de leurs jours, à quoi bon exacerber la peine en voyant leurs dépouilles mutilées… Abasourdis, sans chef, l&#039;esprit vide et détruit, ils regagnèrent la vallée puis bifurquèrent en direction de Haranie. Cet échec monumental ne fut jamais ébruité, le Comte chargeant les Proscel/Lisabeau de maintenir les survivants sous le secret le plus absolu dès leur retour dans la cité, mesure inutile puisque ces hommes étaient d&#039;ores et déjà brisés et incapables de relater leur périple sans s&#039;effondrer, pris de cris et de pleurs.</p><p style="text-align: justify">L&#039;enclave de Krasla ayant tenu bon, les indépendantistes eurent donc l&#039;occasion de la consolider à loisir durant toute la mauvaise saison&#160; &#160;: les débuts de l&#039;extraction du fer créaient d&#039;immenses stocks de roches qui étaient par la suite réutilisés pour la construction d&#039;un mur d&#039;enceinte et de tours de garde monumentales. Et s&#039;appuyant sur la population locale corvéable à merci, le mur en lui-même fut terminé au début de l&#039;été suivant (de quoi dissuader une nouvelle tentative d&#039;assaut), l&#039;époque même où le lieu acquis finalement le nom sous lequel nous le connaissons aujourd&#039;hui&#160; &#160;: verrou enneigé de Krasla. Le plan du Tricéphale s&#039;était révélé plus que judicieux&#160; &#160;: il disposait désormais de son avant-poste terrestre, et, d&#039;une pierre deux coups, avait dégoûté le Comte de toute tentative de contestation. Il ne restait plus qu&#039;à avancer, village par village, ferme par ferme, champs après champs, jusqu&#039;à l&#039;encerclement totale et irrémédiable de la cité. Cette dernière n&#039;avait plus d&#039;allié, avait été désavouée à travers tout le continent, les fonctionnaires impériaux chassés de chaque petite ville (spontanément, ou sous pression du Tricéphale)… La fin n&#039;était plus qu&#039;une question de mois.</p><p style="text-align: justify">Pour le Comte, bien au chaud dans sa pimpante villa, il était maintenant venu le temps d&#039;assurer ses arrières&#160; &#160;: la défaite était certaine, mais il n&#039;était pas question d&#039;abandonner son trône, pas après avoir s&#039;être donné tant de mal pour rebâtir SA ville à SON image&#160; &#160;! Tandis que le Tricéphale progressait méthodiquement sur terre pour l&#039;assiéger, le régent délaissa complètement le domaine militaire pour regagner celui qu&#039;il prisait le plus&#160; &#160;: la manipulation. Il fit habillement usage de ses contacts et connaissances au sein de tous les rangs de l&#039;administration haranienne afin de falsifier, un à un, sans omettre le moindre minuscule décret, toutes les décisions et documents officiels qui avaient été produits sous sa régence. <br />Pour quelle finalité fournirait-il autant d&#039;efforts&#160; &#160;? Patience, la réponse arrive…</p><p style="text-align: justify">Véritable épilogue du siège du Port Pourri 81ans auparavant, au bout de quelques semaines Haranie se retrouva à son tour assiégée sur terre comme sur mer (quoique la flotte du Tricéphale se maintenait à distance respectable, faute d&#039;avoir eu l&#039;occasion d&#039;éliminer celle de l&#039;adversaire plus tôt), aussi prévisible que cela ait pu être. D&#039;après toutes les analyses historiques menées jusqu&#039;à aujourd&#039;hui, le Comte disposait alors des forces nécessaires pour mener bataille aux navires du Tricéphale et arracher la victoire, rendant caduque le siège. Et pourtant… Ce premier était sans doute las à l&#039;idée de devoir ensuite tenir bon, seul, envers et contre tous. On ne fait la guerre à tout un continent éternellement, se disait-il sans doute. Et puis, ne venait-il de préparer le terrain pour s&#039;en tirer malgré tout&#160; &#160;? Les revenus de l&#039;Empire lui manqueraient, mais les sacrifier pour se maintenir en valait la chandelle.</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Alors que le Tricéphale craignait une longue bataille d&#039;usure, les portes d&#039;Haranie s&#039;ouvrirent devant lui avant même que les premières tentes ne soient plantées&#160; &#160;: la (ex) capitale impériale se déclarait ville ouverte. Courageux mais pas téméraires, les chefs indépendantistes désabusés crurent d&#039;abord à un mauvais piège aussi tentant que grossier et malhabile&#160; &#160;: une fois les portes franchies, la milice adverse leur tomberaient dessus de toutes parts, les massacrant sans vergognes. On préféra le pragmatisme à la prise de risque inconsidérée, ne saisissant pas que la malice du Comte visait une cible tout autre que le Tricéphale. L&#039;armée de ce dernier restant d&#039;ailleurs invariablement immobile, le Comte se résolu à un second geste, plus explicite, faisant sortir de la ville la grosse majorité de sa milice, armes dans leur fourreau, les quelques prisonniers du Port Pourri qu&#039;il avait entre les mains concluant la marche (et non à la tête du peloton, où il est dès lors aisé de penser que l&#039;on se sert des prisonniers comme mur vivant).</p><p style="text-align: justify">Cette parade improvisée pris des allures d&#039;irréels&#160; &#160;: personne n&#039;avait encore vu de ses yeux une telle force marchant avec détermination et rigueur… pour se rendre. Le régent avait, au cours des quelques années de régences, dépensé des sommes astronomiques pour l&#039;équipement, l&#039;entrainement et l&#039;entretient de ces hommes. Armes neuves, armures resplendissantes… Autant&#160; &#160;d&#039;artifices payés des lucres impériaux qui achevèrent inutilement leur parcours au pied de l&#039;amiral du Port Pourri et les représentants Tricéphale, qui avaient alors du mal à réaliser qu&#039;ils assistaient là à la capitulation en bonne et du forme de leur pire ennemi. Les formalités menées à bien, en toute spontanéité, les miliciens haraniens se regroupèrent ensuite ostensiblement en retrait, s&#039;asseyant le plus tranquillement du monde ici et là, sans doute rassurés par l&#039;idée de ne plus avoir à craindre les combats et toutes les souffrances que le siège aurait causé à leur cité. Ayant désormais sous les yeux la preuve matérielle que le régent était bel et bien disposé à leur offrir Haranie sur un plateau, le Tricéphale fit aussitôt route, suivit de son infanterie.</p><p> </p><p style="text-align: justify">L&#039;entrée dans la ville se fit dans un silence tenace&#160; &#160;: le fantasme de la foule en liesse les accueillants en libérateurs ayant évidemment germé dans l&#039;esprit de biens des indépendantistes furent lourdement déçus. Le comportement des citadins lorsqu&#039;ils pénétrèrent dans l&#039;enceinte de la ville vint d&#039;ailleurs renforcer leur perplexité, déjà grande par l&#039;originale reddition à laquelle ils venaient d&#039;assister. Le tableau vaut la peine d&#039;être décrit&#160; &#160;: alors qu&#039;une armée ennemie (théoriquement) faisait irruption sur la grande place, armes au clair et bannières au vent… les haraniens vaquaient à leur traintrain quotidien. Les commerces tournaient paisiblement, quelques vieux couples se reposaient au pied de la fontaine centrale. Quelques badots s&#039;arrêtèrent quelques instants, sûrement le temps de constater qui étaient les invités… avant de reprendre leur route.<br />Cette indifférence à outrance désarçonna même les guerriers les plus endurcis, virant presque au comique. Les habitants d&#039;Haranie étaient tout de même entrain de snober d&#039;une manière mémorable le Tricéphale, c&#039;est-à-dire les dirigeants des trois grandes cités de Termïn coalisées (excusez du peu)&#160; &#160;! Summum du ridicule&#160; &#160;: un petit bonhomme finit par s&#039;avancer. D&#039;un pas décidé d&#039;abord, puis gagnant en timidité à mesure qu&#039;il s&#039;approchait. Un émissaire, enfin&#160; &#160;? Du tout&#160; &#160;! Une fois arrivé devant le grand amiral du Port Pourri, il lui demanda poliment si l&#039;infanterie pouvait lui faire un passage pour qu&#039;il puisse arroser les plants qui se trouvaient au niveau de la porte&#160; &#160;: le brave homme était jardinier. Abasourdi, l&#039;amiral ne su que répondre, ne sachant si cet imprudent était inconscient ou s&#039;il se payait sa tête. Un instant de flottement s&#039;empara de la troupe... qui le laissa passer silencieusement, et l&#039;observa arroser ses arbustes sans trop y croire.</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">S&#039;en était cette fois-ci trop : exultant, l&#039;amiral cabra sa monture et s&#039;élança sur la place, brisant la torpeur des combattants qui s&#039;ébranlèrent et le suivirent au son des cors. A la recherche d&#039;un haut responsable qui serait en mesure de lui indiquer où se trouvait le repère du régent félon, il entra avec fracas dans la Basilique suivi du reste du Tricéphale et une vingtaine d&#039;hommes d&#039;armes de hautes lignées. Son exigence fut clairement exprimée par son héraut : si personne ne se présenter pour le guider jusqu&#039;au Compte, la Basilique, puis la ville entière serait livrée au pillage. Après de longues minutes, un fonctionnaire haranien finit par appraître : il se présentait comme secrétaire administratif, envoyé par le Comte pour demander de l&#039;aide au Tricéphale. De l&#039;aide ?! Le Comte pourtant si jeune était-il déjà sénile au point de demander secours à ceux venus le déposer? L&#039;amiral ne tergiverse pas : suivont l&#039;homme, du moment qu&#039;il nous mène au Comte.</p><p style="text-align: justify">Tandis que le gros des troupes se répandaient pour occuper la ville, le Tricéphale et sa garde pris la route du quartier riche où s&#039;élevait la villa du Comte, bien curieux de savoir quelle aide il quémandait à ses ennemis. Mais une fois devant le mur d&#039;enceinte séparant le quartier du reste de la ville, l&#039;atmosphère jusque là tranquille d&#039;Haranie changea du tout au tout : au-delà de la grilles gisaient çà et là des corps. Des valets, simples citadins et des miliciens armés couraient d&#039;une rue à l&#039;autre, certains bandés à la hâte, d&#039;autre boitillant pitoyablement, alors que de quelques ruelles éloignées s&#039;élevaient le bruit fracassant de combats. Une véritable guérilla urbaine s&#039;était emparée de tout le quartier riche, sans que cela ne se propage au reste de la ville. L&#039;amiral fit dégainer les épées et s&#039;engouffra dans le chaos, sans doute quelque peu dépassé par la tournure que prenaient les évènements.</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Hélant au hasard les groupes de combattants improvisés, le Tricéphale n&#039;eu pas attendre longtemps, car vint d&#039;une rue transversale, escorté par une menue garde de miliciens en sang et guenilles, le Comte en personne. L&#039;amiral du Port Pourri mit pied à terre : le temps des explications était venu. Il hésita un instant entre l&#039;arrêter immédiatement ou lui demander ce qui signifiait cette farce, mais la cuiriosité triompha : que se passait-il?&#160; Les explications du Comte jetèrent encore davantage le trouble : les Lisabeau et Proscel tentaient de fuir la ville !</p><p style="text-align: justify">Fuir ? N&#039;étaient-ils pas alliés? Espéraient-ils laisser le Comte assumer seul la catastrophe de sa gestion de l&#039;Empire?&#160; Les rats quitteraient donc le navire? L&#039;amiral exigea de plus amples explications.</p><p>&quot;<em>Les Lisabeau et Proscel ont voulu défendre la cité, à l&#039;encontre de mon avis et celui de la population ! Ils refusaient de céder devant votre siège, et escomptaient une victoire par la mer. Je suis malgré tout parvenu à rassurer les habitants qu&#039;aucun mal ne leur saurait fait, et les chefs de la milice ont préféré accepter ma proposition : se rendre. Les miliciens sont donc directement partis à votre rencontre, pendant que ces lâches fomentaient leur évasion. Heureusement, beaucoup me sont restés fidèles et les ont encerclés près du phare. Nous les tenons !</em>&quot;</p><p style="text-align: justify">Nous? Allons allons mon brave. C&#039;est le Tricéphale qui vous tient, désormais ! Pas d&#039;inquiétude, annonça l&#039;amiral, ils sortiront de leur trou, de grès ou par de force. En attendant, le Comte fut immédiatement constitué prisonnier, et laissé aux soins du reste des combattants. Déjà un de capturé, ne manque désormais plus que ces deux là et la tête dirigeante d&#039;Haranie sera tranchée. Extraire les fugitifs de leur terrier fut un jeu d&#039;enfant, leurs hommes étaient de bien pitoyables guerriers et beaucoup jetèrent leurs armes à la seule vue des étendarts du Tricéphale. Erval Lisabeau et Lalera Proscel ainsi que leurs suites se redirent, sachant leurs espoirs vains. Le calme regagna ainsi l&#039;ensemble de la cité : la prise d&#039;Haranie s&#039;était déroulée en moins d&#039;une heure, et le Tricéphale n&#039;avait pas perdu un seul homme. Ce jour marqua la fin de l&#039;Empire quasi centenaire.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Pikaolive)]]></author>
			<pubDate>Thu, 10 Sep 2015 08:44:53 +0000</pubDate>
			<guid>http://fr-minecraft.net/forum/message-216014.html#p216014</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [RP Officiel] Les nouvelles terres - Le Monde de Termïn (concours)]]></title>
			<link>http://fr-minecraft.net/forum/message-215335.html#p215335</link>
			<description><![CDATA[<p>J&#039;annule l&#039;ancien Rp pour vous présenter celui ci : Bonne lecture !</p><p>Le monde de Termïn : Et la mémoire.</p><p>Je flaire cette odeur de peur. Effluve mêlée au sang et à la sueur aigre des combattants dépenaillés. Ils se battent et s&#039;entre-déchirent. Ce pourpre si violent tache désormais le chemin humide qui menait vers Exil, la capitale de ce monde à nouveau déchiré.<br />&#160; La terreur de nos attaquants est maintenant palpable, tangible et malléable comme argile et glaise nourricière. Leurs armes de misère, rouillé, leur tristes pourpoints de cuir déchiré, usé et décoloré par trop de soleil sur les journées inlassables de maraudes et de crimes. Je songe, que, en cet instant, les pillards ont attaqués une troupe trop fortes. C&#039;est probablement leur dernier combat, boucherie vaine et odieuse sur le grand chemin, sous les frondaisons muettes.<br />Nos soldats s&#039;acharnent désormais sur les fuyards. Ils hurlent de joie, d&#039;excitation : ils traquent la bête blessé, dans une folle frénésie de sang et d&#039;entrailles fraîches. Mon visage épuisé est impassible, ma jument baie ne bronche pas, en animal racé, de souche royale. Moi, en chef de guerre sur cette si majestueuse monture. Et autour de moi une escarmouche finissante. Mon intendant, en homme vain et terrifié, m&#039;annonce que c&#039;est une victoire, me dit que la déroute de ces vauriens et misérables crève la faim est totale, et, avec la piétaille, hurle à l&#039;hallali déjà présent dans toutes les bouches. <br />&#160; Cette victoire est un échec. <br />&#160; &#160; Rien qu&#039;une défaite. Ma gorge, mes entrailles se resserrent. Les douleurs passés de mon dos me font de nouveau souffrir le martyr, et ravivent les braises d&#039;une autre époque. D&#039;une autre décadence...<br />&#160; Car Termïn est aujourd&#039;hui Origine. Les royaumes mesquins qui se comptent par centaines ; et les querelles sans paix ni trêves qui s&#039;ajoutent à la misère qui s&#039;est exportée avec les ballons, les caravelles ventrus et les vaisseaux aériens. Tout ce vice de petit prince fuyant le grand cataclysme des terres déchues venus exporter leur querelles sanglantes sur la terre vierge. Le vieux sage n&#039;était qu&#039;un aveugle, comme tout les autres. <br />&#160; Comme les mendiants des fanges,<br />&#160; &#160; Comme les paladins des royaumes croulants,<br />&#160; &#160; &#160; Comme les mercenaires sadiques, érodées par les conflits barbares.<br />La voix de mon intendant me ramène de nouveau à la froide réalité. Autour de moi les hommes essuient leur rapière sanglante, replacent leur carquois vidées de haine. Je regarde distraitement les fourrés piétinés par les fuyards et leur poursuivants enragés. Tout ces voleurs et chiens fous ne devraient-ils par rester sur les quais d&#039;embarquement d&#039;Origine, à attendre le Cataclysme prochain ? Ne devrait-on pas les repousser dans les limbes, avec pour seul radeau leur parure de médiocrité et de bassesse ? <br />&#160; Si, sûrement, aurait répondu le vieux sage, qui guettent du haut des tours de la Citadelle. Mais à présent ? Que dirait-il ? Que diraient les gens, les arnaqueurs, les commerçants et les arrogants seigneurs ? <br />&#160; Je ne sais plus. Mes cheveux grisonnants et mon grand corps fatigué hurlent. Hurlent à l&#039;agonie. Termïn n&#039;est-elle pas elles aussi plongée dans le vice ? Ce vice qui dépeint vicieusement sur la populace grouillante des rues et des usines. Touche pastel de noirceur pernicieuse. Touche d&#039;aquarelle empoisonnée, de grossière encres d&#039;écrivain public pour veuves et prostituées des bas quartiers du port.</p><p>Nous avons quittés depuis une heure mon hameau, cis dans les vignobles, les bois et les champs maraîchers qui nourrissent la capitale du jeune et décadent empire. Malgré toutes cette misère qui grandit inlassablement, tel le mauvais lierre, j&#039;aime cette endroit. <br />&#160; Ces petites campagnes raffinées. Au milieu des cyprès je retrouve les petits hameaux de bois et de tuffeau des vignerons, corporation florissante en cette deuxième année du nouvel empire d&#039;Exil. Le maraudeurs curieux apercevra aussi les fermes joufflues, dûment fortifié, enfermant et protégeant jalousement orges, blés et avoines qui nourriront Exil durant les quelques mois du doux hiver de Termïn. L&#039;on peut y voir également quelques villas, appartenant aux riches notables de la ville, voulant passer quelques jours à l&#039;abri des effluves putrides et de l&#039;air souillés d&#039;Exil. Chacune possède sont corps central, dans un style gothique flamboyant, jouxtés d&#039;ailes, l&#039;une pour les lourds carrosses dorés des propriétaires cossus, l&#039;une pour la domesticité, fidèle servant dans l&#039;ombre des grandes fresques des palais.<br />&#160; Notre petit cortège est composé d&#039;une cinquantaine d&#039;hommes et de femmes. Je ne suis pas le seul à me rendre dans Exil aujourd&#039;hui. Tous ont répondu à l&#039;appel du vieux sage. Tous. Tout ceux qui part une journée de grisaille d&#039;un janvier crépusculaire ont pris la mer, il y a de cela trois années. Les pionniers qui, en croyant découvrir une terre pure et virginale, découvrir que le temps comptés avait été prédis.<br />&#160; Aujourd&#039;hui, jour anniversaire de notre découverte du continent, le vieux sage nous avait tous convoqués, tous autant que nous étions. Pourquoi ? Ma belle et douce femme, Lise, pense que c&#039;est pour l&#039;anniversaire de cette formidable découverte. Formidable ? Je ne le pense malheureusement pas, et, j&#039;ai toujours plus la pathétique impression d&#039;avoir amené le mal sur cette si belle terre, des sables de l&#039;Est aux riches vignes de l&#039;Ouest, des glaces du Nord aux côtes battues par les vents du Sud.<br />&#160; Mon cœur maladif est hanté par la perspective malheureuse de revoir mes compagnons d&#039;infortunes, longtemps après ce calvaire de long mois d&#039;enfers marins, sur les trombes d&#039;un océan réticent à livrer aux barbares que nous sommes une si belle terre de promesses. Mais nous avons réussi, à traverser ces landes brumeuses pour ces sommets d&#039;écume obscures avant de s&#039;échouer, misérable, sur les sables d&#039;Exil, plongé au moyen-âge...<br />&#160; Et là, quel ne fut pas mon étonnement de découvrir le même homme qui avait pressentis l&#039;agonie d&#039;Origine sur les quais d&#039;une terre qui semblait déjà connue. Et les mots coulèrent de se lèvres sacrés . Ils savaient.<br />&#160; Tous savaient. <br />&#160; &#160; Que nous allions touché la terre. Le vieux sage l&#039;avait prédis, dans un présage d&#039;encens funeste. Tous savaient déjà. <br />&#160; Qu&#039;Origine ne tarderait pas à brûlé. Les sages des temps anciens, ou les royaumes des Pumpkins, Mithral et Theory s&#039;épanouissaient, ou Steampumk brûlait et ou le conseil d&#039;Origine ergotaient pour savoir qui méritaient la corde, qui méritaient les légions impériales et ou Spectral, riche seigneur de LegendCraft préméditaient déjà sa fuite désespérée vers l&#039;outre tombe...<br />&#160; Alors, me dit le vénérable, les puissants royaumes, d&#039;un commun accord, pour une première et dernière fois avant de sombrer à nouveau dans le chaos destructeur. Chacune des dix plus grandes nations envoya ses cent meilleurs éléments, dont les princes de leurs maisons royale, auxquel s&#039;ajoutèrent quelques délégations pompeuses venues d&#039;Origine, de Serenity, de Sombreval, d&#039;Extra et de Stardust. <br />&#160; Et voilà comment ont en est arrivé là. Exil. La ville prophétiques, l&#039;arche salvatrice déjà à flot pour les temps futurs.<br />&#160; Et voilà aujourd&#039;hui. La moitié d&#039;Origine y grouille maintenant. Et maintenant les royaumes disparues d&#039;antan se reforment déjà. <br />&#160; Et les armées populeuses avec, <br />&#160; &#160; Et les bandes de mercenaires douteux, soudards avinés des quais. Mais aussi les compagnies puissantes et organisés...<br />&#160; &#160;Et le chaos, arrivé avec cette foule d&#039;émigrants anxieux fuyant le Cataclysme. Le serenity, notre vaisseau d&#039;infortune, à sombré dans les mers chaudes, lors d&#039;une expéditions vers les ports des marchands des dunes, loin à l&#039;Est... Et les hommes du voilier avec. Car, oui, toutes nos vies semblent s&#039;être dispersées, diluées dans l&#039;ardeur fébrile, érotique, de ce nouveau monde nourricier et fatal. <br />&#160; Je peux maintenant apercevoir Exil, qui se profile dans les horizons salies et les falaises crayeuses, noircies de trop de rejet de mines, de trop de puanteurs des faubourgs fétides. Le grondement assourdis des vagues océanes, tumultes lui aussi bourbeux, me parvient, en sourdine, estompées, pâle sous la rumeur montante d&#039;Exil, surnommé par bien des voyageurs la Magnifique, la Labyrinthique ou encore la Terre, du fait de sa taille, de sa diversité chamarrée. Oui, cette ville brille par bien des aspects, polies par le nacre sacré de ces palais, ternie par les toits inégaux de chaumes et de bois flottés des quartiers de misère , accroché aux flancs des cuvettes, humides et ombragés, du fait des palais, ombre porté des murailles et des jardins suspendus des hauts-quartier, pénombre si dominatrice...<br />&#160; La route, de terre battue, est devenue de granit, large dallage creusé en sont centre par les pas des mules et les essieux des innombrables charrettes. <br />&#160; Le pas des passants, avants alertes, inquiet et consciencieux dans une volonté d&#039;éviter les chausses trappes et les guet apens de pillards toujours plus ingénieux, se faisait plus pressés, détachés de la route et de la campagne, toujours aussi belle, bien que les vergers n&#039;aient plus de pommes et les champs de blé dorés, ondulant comme les mers de l&#039;Est, d&#039;une façon langoureuse et magnifique, sois piétinés, ou même volés par quelques marchands sans scrupules. <br />&#160; Les vêtements, aussi, se faisait différent, à mesure que l&#039;on approchait de la porte des Alizées, étaient plus colorés, ou plus misérable, tous différent. Grossière toile ou soie bigarré, chape de prêtre du culte, amples houppelande de voyage ou baudriers de soldats de la nouvelle garde impériale, et pourpoints de soldats du guet, rentrant d&#039;une patrouille dans les abords de la capitale... Les véhicules, aussi, apparaissait. Charrettes de grossistes ou calèche fermé du conseil des dix souverains des plus grandes principautés, carrosses rutilants des paladins pressé de s&#039;enfermer dans leur parcs et décor de marbre, loin de tout le labeur bossu de cette populace insondable. L&#039;on voyait également de plus nombreux cavaliers, de fermiers conduisant sont troupeau à abattoir du quartier des tanneurs ou délégations diplomatiques d&#039;un quelconque royaume...<br />&#160; Ma troupe pressa le pas, écartant quelques manants pour pouvoir entrer dans la ville avant que la presse nous force à patienter de nombreuses heures. Mon sceau de Pionniers m&#039;offrirait probablement le privilèges d&#039;entrer sans passer par les difficiles contrôles que le cercle des mages avait imposé, histoire de traquer les artefacts magiques que l&#039;on pourrait faire entrer dans la ville, leur ventes et manipulations étant strictement contrôlée dans Exil.<br />&#160; Enfin, ma troupe provinciale atteignit la porte trapue des Alizées. Maintes fois renforcées, elle me donnait l&#039;impression d&#039;un enfant mal formé, d&#039;une orpheline livré à elle même, gémissant sans cesse,&#160; ses vieilles maçonneries s&#039;érodant avec le sel marin venue du port empli. <br />&#160; Et aussi, présage de cette détresse qui s&#039;insinuer insidieusement dans Termïn, les marques de combats : ont avait pris d&#039;assaut les antiques murailles ocres de la villes, les tours trapues et conformes du guet millénaire. Les homme s&#039;attaquaient avec rage à l&#039;arche qui les maintenait aux-dessus des abysses, mais pour combien de temps encore ?<br />&#160; Nous franchissons les portes, les voûtes de pierres moussues, les sabots mal ferrés des chevaux résonnant sur le pavés souillés. <br />&#160; Exil, la magnifique, la misérable, l&#039;universel, s&#039;offre alors à moi. </p><p>Je ne sais par ou commencer pour décrire cette immense cité. La ville est bâtie autour d&#039;une baie, baie enfermé dans un cercle de montagne, de quelques centaines de mètres, à l&#039;exception du Mont des Sages, flèches de roc et de glace de plusieurs kilomètres de haut, semblant déchirer la voix lactée de sont épine translucide. <br />&#160; Les quartiers du port, situé sur les plages de graviers, sont grouillants et populaires. Là, les petites baraques des ouvriers et les usines fumantes s&#039;enchevêtrent. Ils reflètent bien toutes cette misère suintante. Sur les docks, engins improvisés, grue et porteurs déchargent les voiliers, qui viennent des ports des berbères des déserts de l&#039;Est, des prospères commerçants de l&#039;Ouest et des glaces froides, de ses ports Steampumk du nord, par le détroit d&#039;Ektra.<br />&#160; Ses petites rues montantes ne connaissent pas les égouts et l&#039;on y déverse les immondices par les fenêtres embuées de ses baraques de torchis enfumées, les linges colorées séchants, happant les quelques rayons du soleil parvenant difficilement à percer cette éternel pénombre, cette vil crasse de misère. <br />&#160; Quartiers de bordels et de magouilles, de crimes sordides et d&#039;enfances perdues...<br />Plus loin, sur les collines, le quartier des vaisseaux aériens et des ballons, vaste terminal par lequel les émigrants arrivent. Le jour le ciel est embellie par la structure osseuse des navires graciles, détachés des terres meurtris, égal des nuages moutonnants. Ces une merveille à voir. Les lourds dirigeables de commerces, entrepôt volants, ceux de passagers, constellation dans le ciel nocturnes, palais aérien, les ballons ventrus de l&#039;armée de l&#039;air, leur obusiers de fonte prévenant toutes émeutes des quartiers de misère, en bas.<br />&#160; Sur les cimes des monts gris, surmontant les nuages de bas et la cendre des rues de détresse, il y a les palais de l&#039;élite. <br />&#160; Ils sont si beaux. Créature gracile, envoûtante, édifice ne semblant tenir debout que par sorcellerie.&#160; Derrière les façades mirobolantes de leurs rues princières, larges et belles, ou se presse les boutiques des plus grands armuriers et des joailliers, des tisserands précieux, de superbes jardins en terrasses échelonnent leur cascades d&#039;eau si rare dans les basses avenues d&#039;en bas, et projettent sur les embarcadères privées ou attendent dirigeables personnels et belles courtisanes leurs effluves de thym, d&#039;acanthe, de roses et de laurier épanouis.<br />&#160; Et, au bout de cette avenue de carriéristes, de nobles et de bourgeois argentés, la tour du vieux sage et du conseil des sorciers. Si belle, édifice gargantuesque de marbre enroulée charnellement au Mont des Sages, ses dômes de cristal épousant les glaciers impénétrable, ses chemins de ronde escaladant vaillamment les pics et les arêtes de granit noir. <br />&#160; Tel était notre destination, vers les étoiles, vers la sagesse, vers le pouvoir insatiable des sorciers. Notre progression était entravée dans la rue par les charrettes. Là, un âne braie, une jument se cabre,&#160; sont cavaliers, un chevalier empanaché dans une cape de velours, dans un carcan d&#039;acier militaire, chute au sol, vide les étriers. Et me heurte. <br />&#160; Je tombe vers la boue et la vermine. Et, soudain, <em>le noir.</em></p><p><strong>Origine. An 9452.</strong> Dans les rues du port, fange inextricable et décadente, un enfant de mineur court à travers les étalages. Petit, ses mèches blondes s&#039;emmêlent autour de sont front crasseux en un diadème improvisé, couronnant le gamin famélique comme roi des chapardeurs. <br />&#160; Il rit, dévoilant une solide dentition. Il gambade, vole à une marchande des quatre saisons une poire trop mure et court, court, avec ses amis d&#039;infortune.<br />&#160; Le petit bambin, joue, mais, contrairement à ses amis, il regarde fixement les matures des grands voiliers, il est comme attiré sensuellement. <br />&#160; Par ses coques de bois moulue, ses vergues de solides cordages et ses voilures immaculée, par ses merveilleux château arrière enrichis de stuc dorés, d&#039;improbable sirène à l&#039;image des jeunes filles du port ; par cette vie d&#039;aventure sur les mers inconnues...</p><p><strong>Origine. An 9460.</strong> Dans la baraque de misère, un adolescent maigre, qui à grandit comme par hasard, bancale, lape sa soupe trop claire, et regarde. Regarde ses parents, misérables ouvriers sur le port vampirique. <br />&#160; Le jeune homme s&#039;émancipe peu à peu de sa misérable condition : Il sera capitaine. Dans ses mains ferme et vigoureuse un navire se verra orienté vers les ports de LegendCraft, Sombreval et Serenity...<br />&#160; Il sera riche, adulée par ce monde qui jeta sa mère au ruisseau et sont père dans une fosse commune, résultat d&#039;année d&#039;écrasant labeur dans les fonderies impériales, broyeuses et avides de chair fraîche. </p><p><strong>Origine. An 9475.</strong> Sur le pont du Serenity, je regarde la côte péricliter, s&#039;estomper dans les lointaines du crépuscule rosé. Derrière moi je laisse un monde harassé, qui ne demande que le salut. Moi et mon équipage, nous le sauverons. Tel est cette sainte mission que le Sage nous à confié. Hier, alors que la coque du quatre mât était ballottée de toute part, les courants cherchant à nous retenir, le vent contraire nous projetant contre d&#039;acérés récifs ; le Sage m&#039;est apparus. <br />&#160; Je le vois très clairement dans ces rêves. Dans ces visions psychédélique, hallucinatoire et pourtant si réel, si tangible et solide...<br />&#160; Ses phrases résonnent comme un écho dans mes sens de parvenus, de grossier marin, pourtant à présent si héroïque. <br /><em>Le peuple d&#039;Origine est près. Près à renaître. De ses cendres. De sont si lourd passé. Nous l&#039;attendons. Je t&#039;attend.</em><br />&#160; Ces phrases sont si curieuses, si étonnantes, si sibyllines. Je vais essayer de consigner les noms de mon équipage.<br />&#160; Il y a Talweg, cartographe officiel, pêcheur divin et compositeur de chanson paillardes.<br />&#160; Caracole, chevalier perdus, sans fortunes et sans famille, brillant, drôle et gardien de notre si incertaine équipée.<br />&#160; &#160;Le Silure. Maître cuisinier, seul homme que je connaisse rendant les repas de la marine délicieux, digne des meilleurs table d&#039;Origine.<br />&#160; &#160;Morgoth, véritable, Ours, Loups-Garous, mais au tendre cœur sous ses abords de soudards. Maître à bord, chargé de la discipline. De qui pourrait je vous parler également ? <br />&#160; Pietro, mousse, à peine 15 ans, si jeune pour tant de danger. Ah, mais aussi ! Une femme sur ce navire masculin : Héloïse, nom si convenue pour cette redoutable aventurière et opportuniste. En effet, cette dernière c&#039;est introduite dans le navire au moyen d&#039;un tonneau de hareng séché. Sa cabine en à hérité des relents putrides.<br />&#160; Sur le pont, sous les gréement et le firmament je ne peux que constater une sorte d&#039;euphorie, d&#039;ivresse et de grivoiserie. Chacun espère. Chacun a sur la terre condamné, une épouse, un amant, une nièce, une vie, et tant de souvenir, de rêve éparses dans les landes brûlées de terres disputées.<br />&#160; Et moi ? Pas grand-chose, une concession dans un cimetière, à l&#039;ombre des travées de la cathédrale difformes d&#039;Origine... Quelques amis, quelques livres, un combles aux coins de la grande rue du port et du boulevard Aurélien. <br />&#160; Mais alors, pourquoi cette fête constante, ce dernier repas des condamnés ? Nos cœurs candides battent de concert pour ce peuple, ces nations déchirés que nous aimons tous autant...</p><p>Voilà un mois que nous avons pris la mer. Les opales, le sourire riant de la mer à laissé la place à une étendue saumâtre, grisâtre, émeraudes parfois quand les nuages orageux dévoile un soleil grossis et boursouflés. Le moral des hommes n&#039;y est plus. <br />&#160; Talweg se mords les doigts au sang : nous sommes hors de ses cartes libellés, de leur fines et rassurantes dorures et noms de lieux familiers ou exotiques. Nous sommes en terre inconnue.<br />&#160; En Terra Incognita. Littéralement. </p><p>Au loin, une tempête, véritable, Maelstrom se profile. Morgoth, un peu ivre m&#039;a dit un soir qu&#039;elle était immobile. Pauvre homme...</p><p>Talweg le confirme : la tourmente cyclonique est immobile, ses nuages incurvées masquent les cieux, véritables murs de bourrasques hurlantes et de montagnes couronnés d&#039;avalanches d&#039;écumes, au cimes changeante et destructrice... Selon Héloïse, elle même fille de marin, le Serenity ne pourra pas traverser une tel tourmente. Il aurait fallu un navire aérien, parce que, selon, elle, c&#039;est bien mieux. Mais le vieux sage l&#039;as dit, l&#039;as prédit : les vents qui souffle aux-dessus de ces mers tumultueuses ne pourront être vaincus que lorsque un homme aura franchis par les immensités océanes ce désert d&#039;abysses et de rouleaux tonnants. <br />&#160; La nervosité des hommes est à son comble, d&#039;autant que la mer, autrefois calme, semble se cabrer et rechigner. La veille, un paquet de mer à renverser Pietro, qui à manqué de peu d&#039;être projeté dans les eaux mortelles, froides et assassines. <br />&#160; Chacun récite une prière, pour sont dieux favoris, sont saint ou sa nymphe protectrice. Les matelots superstitieux se prépare à affronter des vents surnaturels, c&#039;est sûrement cela qui les terrifie tant. Chacun se signe de terreur. Leur angoisse me gagne, et elle semble aussi contagieuse que ces épidémies de peste qui ravagent les bas quartier d&#039;Origine une fois l&#039;an, emportant par tombereau entier les braves, honnêtes et misérables manants. </p><p>J&#039;ai donné l&#039;ordre de faire arrimer au pont les chaloupes de sauvetages, bien qu&#039;elles ne nous saurons pas d&#039;une grande utilité une fois perdus dans l&#039;ouragan déchaîné. Le vent forcis, nos voiles claquent. J&#039;ai fait rentrer les filets de pêche, les tonneaux et les rames, calfeutrer les écoutilles, attacher les cargaisons et ranger tout ce qui ne sera pas immédiatement nécessaire durant l&#039;épreuve dans de solides coffres renforcé de barres en bel et bon étain.&#160; </p><p>Nous y sommes. Au cœur de cette cruel tourmente. Je ne saurais en parler sans ressentir mes tympans vibrer sous les mugissements de félin des vagues. Ces vagues, si belles, si noires, qui se brisaient de concerts contre la coque craquelant du Serenity, misérable bois flotté sous ces nuages de cendres et d&#039;éclairs bleutés. <br />&#160; La caravelle me semble s&#039;envoler, retomber, danser une sarabande de folie aux rythmes nous étant encore inconnue, comme une invite à l&#039;enfer tout proche, se dévoilant avec force mâchoires abyssales, lorsque les vagues couleur d&#039;obsidienne, aux éclats de nacres ternis, creusaient vallons gargantuesque, encaissée, et pente de montagne aride, raide, ou dévalaient souvent avalanche immaculée, bouillonnantes, furieuses de colère, venant combler les vallons et les vies. <br />&#160; Un coup de tonnerre. L&#039;éclair déchire le ciel, éventre nuages et cieux de morts, avant de grésiller en faiblissant sur les océans hystériques. Le sons divin de la foudre arrive aussitôt après : Tout est assourdis : la déferlante qui se brise, les hurlements terrifiés de Pietro, qui n&#039;as jamais rien vu d&#039;autre que le sifflement paisible des terres disputées ; les chants de réconfort de Caracole, et le froissement des cartes que Talweg déchire de rage folle. <br />&#160; Une vague. La petite éminence au milieu de la tourmente infinie gonfle, grossit, se nourrit d&#039;eau noire et poisseuse, se roidit, lève ses pentes sous l&#039;effet de quelques mouvements de la terre, dresse&#160; ces cimes ou se forment une hésitante neige éternelle.<br />&#160; Elle va se briser ? Non, pas encore. Elle est là, à présent, verticale, ombrageuse, immense, avec quelque chose de périssable, d&#039;éphémère et de finis. Sentence irrémédiable, sa cime ploie sous sont propre poids, forme un arc impossible, contre toute lois gravitationnelles. Il se ploie, se tord, et, enfin, tombe, avec une énergie terrifiante. Un nouveau coup de tonnerre. Non, c&#039;est le rouleau qui se brise en hurlant, avec ce bruit assourdissant et feutré de fin du monde. Il se referme complètement, formant une nef romane sous ses azurs moirés de noir. <br />&#160; Ce n&#039;est plus qu&#039;un mur d&#039;écume instable et changeant, immaculée et vicieux. Il s&#039;abat sur le voilier. Le pont à disparus, se confondant avec la marée qu&#039;apporte, que les murailles océanes broient et submergent avec horreur. <br />&#160; Pietro à disparus. Talweg éructe quelque mots en vomissant l&#039;eau qui lui est entré dans la gorge, il glisse inéluctablement vers le bastingage, vers la mort. Une nouvelle ligne d&#039;écume, qui, au loin, fine et gracile ne me paraissait que comme un prélude à l&#039;aube. Cette fois ci le mat d&#039;artimon s&#039;en va, je fléchis mon genoux contre le cloison de ma cabine pour ne pas tomber. <br />&#160; Le navire prend une forte gîte. Il s&#039;incline brusquement à tribord, par les écoutilles l&#039;eau s&#039;engouffre. En bas, même Morgoth piaille d&#039;horreur, de sa forte voix étouffé par le vent rageur qui arrache notre mature, qui dépèce vitres et envoie dans la pénombre de l&#039;ouragan nos chaloupes, nos vies brisés, disloqués. <br />&#160; Le navire frémit, mes reins vont lâcher sous le choc sourd. Tout est arraché. Entre deux éclairs, deux monstres scélérates, je crois entendre le vent marmonner une marche funèbre ricanante, inspiré par ce typhon qui n&#039;est pas naturel. Tout à été noyé dans le vaisseau, qui dégorge autant d&#039;eau qu&#039;il en entre. <br />&#160; Caracole ne chante plus : sa harpe s&#039;est brisé, ses cordes sont tombés, emportés par une lame de fond, avec tonneaux de poudres, vivres, eau salvatrice et Pietro. <br />&#160; Et Talweg. Je ne vois plus sont crâne chauve, à présent. <br />&#160; &#160; Il est mort. La vitre de derrière se brise. Je me retourne&#160; à temps pour voir une gerbe d&#039;écume pénétrer l&#039;habitacle ballotté. Je cherche le monstre d&#039;eau qui as causé cela.<br />&#160; Je ne le vois pas. Car Il est l&#039;horizon. Je peux le voir à présent. La trombe marine recouvre tout, et me semble humidifier les nuages bas et graisseux. <br />&#160; Elle se tord. Et tombe, tombe, tombe et chute, chute, chute... </p><p><em>Il le fallait, il fallait cela, et tu le sais. Bientôt tu seras libre. Bientôt tu verras que tes ancêtres avaient vus le malheur qui arrivait, et tu verras, nous t&#039;attendons avec une ville, avec des campagnes.</em></p><p>Un criaillement exotique fait vibrer mes tympans noyés. Mes haillons déchirés, collent à mon corps contusionnés, et laisse percevoir plaie rouge, qui ne cicatrisent pas avec tout ce sel odorant, maléfique. Il me semble que... Que... J&#039;entrouvre mes paupières. Devant moi... Il&#160; y a une île exotiques. Colibris turquoises et palmiers émeraudes s&#039;entremêlent, se frottent, se prête nectar et&#160; parure buissonnantes. Et... Et autour de moi, je vois mes amis, mon unique famille à présent, couché sur le sable humide, sur le roc ocre et orangée, qui a une senteur de survie, de renaissance, et, brusquement, quelque chose, c&#039;était de l&#039;espoir, raviva en moi une onde.<br />&#160; Je me relevais tremblants, chancelants. Je tombais, embrassais de nouveau la poussière de vie. L&#039;embrassant à deux mains, je tentais une nouvelle fois de me redresser. Héloïse, remuait faiblement, commencer tout juste à s&#039;éveiller du cauchemar lointain, qui mugissait pourtant à l&#039;horizon chaotique. <br />&#160; Nous étions tous, là, pour cette communion improvisée, forcée par les éléments qui nous offrait dans un ultime caprice la vie. A genoux, le visage creusé, rayonnant. Heureux. Gai à n&#039;en plus pouvoir, grisaient par cette folle sensation de se savoir vivre. Vivre, je ne me lasse pas de le faire claquer dans mes pommettes émaciées ! Vivre !<br />&#160; Nous sommes tout debout. Nous dansons, nous chantons, nous grisons de&#160; ce dons sacré. </p><p>Cela fait une heure que je vis ; nous nous sommes organisé. Nous pleurerons nos mort plus tard. Morgoth, à, me dit-il, réussi à trouver une source d&#039;eau, et nous en transvasons déjà le contenus dans le Serenity mutilé. Nous coupons les palétuviers pour en faire une fier mature qui nous porteras, avec espoir et force, jusqu&#039;au nouveau monde, Termïn. </p><p>Nous dansons autour du feu de joie. Nos pieds maladroit ont retrouvé toutes leur assurance sur cette terre d&#039;adoption, de provisoire mais de providence. </p><p>Le feu grésille, nous buvons l&#039;eau de la source. Elle coule, dans sont mouvement giratoire sur nos corps rongés. </p><p>Les brandons rougis éclaire la nuit de concert avec lucioles. Nous dormons tous, enivrés par cette eau pure et translucide. Nous sommes silencieux, et seul le bruit d&#039;un léger ressac trouble notre respiration, qui, de concert, s&#039;envole en hallucinations vers le nouveau monde. </p><p>Eh ! Monsieur ?<br />Il est pas bien ?<br />Ça va, ça ira, bougonne ai je à l&#039;attention de la presse qui s&#039;était resserrée autour de ma chute. <br />Je me relevais en piaillant de douleur, mes articulations douloureuse élançant dans mon corps autant de coups de dagues. <br />Nous reprenons hâtivement notre route : il me faut arriver à temps. Dans les rues nous entendons une sourde rumeur : <br />Il n&#039;y a plus de dirigeables en provenance d&#039;Origine depuis quelques jours !<br />Mais enfin, que se passe t-il ! <br />La ville décadente s&#039;inquiète, et, cette sourde rumeur me fait découvrir un sombre pressentiment. Et si le vieux sage était là pour nous annoncer que ? Non. Il est là pour... Je ne sais pas. <br />&#160; Nous sommes arrivés devant les lourds battants d&#039;airain du palais. Deux gardes aux armures rutilantes me font signes d&#039;entrer. <br />&#160; La Tour des Sages est un dédale construit sans aucune logique, ou toute personne se perdraient, dans ses pénombres dangereuses, dans ses corridors muets. <br />&#160; Un eunuque, nous guide, nous prend notre souffle à travers une montée jusqu&#039;au cieux magiques des sorciers. <br />&#160; Soudain, une porte dérobée s&#039;ouvre de derrière une tenture. La pièce nous éblouis, mes yeux mettant quelques instants à s&#039;accoutumer à cette cage de lumière. <br />&#160; Nous sommes parvenus au sommet, plus haut que les nuages me semble t-il, dans une salle de conseil aux parois de cristal translucide, ou se moire en mille teinte la lueur du crépuscule qui point à l&#039;horizon marin. Rayons de feu et étoile apparaissant forme à nos yeux brûlés un éphémère chez d&#039;œuvre. Là, le conseil des sages. Assis quelques gradins plus bas mes anciens compagnons d&#039;infortune. Il s ont changé, sont parés ; non plus de nos haillons de misère mais de riches soieries, l&#039;air altier et puissant ? Que leur donne le titre de Sauveur d&#039;Origine. Je ne peux pas parler, cela fait deux années... Toutes ces épreuves, et tout ces malheurs. Je sens un sentiments d&#039;arrachement et de désolation m&#039;envahir soudainement, poindre dans mes tissus meurtris. Je... Je pleure. <br />&#160; Le vieux sage me regarde de sont regard fermé des jours de condamnation : <br />Que vois tu là bas ?<br />Des montagnes,&#160; En effet, les cimes pâles et estompées des grandes chaînes de montagnes du nord m&#039;apparaissait ; <br />Et... Au delà de l&#039;océan, vers Origine, notre terre natale à tous... Que vois tu ?<br />Je ne comprend pas. Cela enfle avec langueurs, c&#039;est... c&#039;est comme un bulbe incandescent qui brûle, c&#039;est... Comme un incendie... <br />C&#039;est cela, un halo de feu qui anéantira le monde. Il y a de cela des siècles, les grandes factions envoyèrent des homme ici, sur mon conseil, pour nous préparer&#160; à la fin d&#039;Origine. Vous tous , un geste ample de son bras, avez ouvert la voie aux dirigeables et permis à d&#039;innombrables vies de s&#039;épanouir à Termïn... Mais aujourd&#039;hui. Origine n&#039;est plus. Le cataclysme l&#039;as frappé. Nous sommes seuls. Enfants bénis d&#039;Origine, ne pleurez pas ; ils vous reste une ultime mission à accomplir. Créez votre royaume de paix et de justice, et, partez. Partez vers es nouvelles terres, ouvrez la voie aux émigrants apeurés. Allez ! Colonisez ce nouveau monde !<br />Dans l&#039;obscurité, je regarde le halo d&#039;incandescence, de soleil brûlant, ma vue se trouble, oui, je pleure. Mais à la tristesse se mêlent, me semble t-il, l&#039;espoir.<br />&#160; Car, oui, dans tout nos visages, il y a l&#039;espoir : oui, le rêve d&#039;une nouvelle aventure commune. Celui d&#039;une épopée qui s&#039;ouvre à nous...<br />&#160; A nous tous.<br />&#160; &#160; Nous, les pionniers.<br />&#160; &#160; &#160; Pionniers des mers d&#039;Origine.<br />&#160; &#160; &#160; &#160; Et, à présent, pionnier des terres...</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Vaegon)]]></author>
			<pubDate>Tue, 11 Aug 2015 10:09:51 +0000</pubDate>
			<guid>http://fr-minecraft.net/forum/message-215335.html#p215335</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [RP Officiel] Les nouvelles terres - Le Monde de Termïn (concours)]]></title>
			<link>http://fr-minecraft.net/forum/message-215327.html#p215327</link>
			<description><![CDATA[<p>Avec du retard (merci les vacances), voici la suite. J&#039;ai à nouveau divisé, ce livre est vraiment costaud. Tout de fois, le prochain post sera le dernier, et arrivera très rapidement (quelques jours maximum) !</p><br /><p><span style="color: #EFCB0F"><span class="bbu">II Débarquement</span> </span></p><p><em>- Oh, le troubadour ! Bouge ton cul, on nous attend sur le pont dans la minute !</em> </p><p style="text-align: justify">Ce verbiage sensuel, cette délicatesse dans les coups donnés à la porte... Foulevent, sans le moindre doute. Maudits bougres, ils n&#039;auraient pas pu envoyer quelqu&#039;un d&#039;autre pour me réveiller? Passons... J&#039;enfile rapidement la tenue blanche gracieusement offerte par Ker Malor pour remplacer nos haillons puants et grouillants de vermines. Foulevent m&#039;attend dans le couloir accueillant les cabines de tous les survivants du Serenity.</p><p> </p><p><em>- Nous sommes entrés dans les eaux directs de Termïn dans la nuit, la cité d&#039;Haranie est en vue, me lache-t&#039;il dans le dédale menant au pont.</em> </p><p style="text-align: justify">Je me précipite aussitôt, excité comme un gosse. Tous les autres sont déjà massés à l&#039;avant du navire, Melicerte en tête. A peine à l&#039;extérieur, la pluie me trempe de la tête aux pieds, cinglante, collant mes vêtements à ma peau. Un fort vent de Nord-Ouest agite la houle tout en faisant claquer les étendards, la pluie nous frappe presque à l&#039;horizontale. Me frayant un chemin à travers le groupe, j&#039;aperçois finalement la cité, cette terre qui nous était promise. Les matelots du Fréove nous observaient, amusés, ne comprenant pas toute l&#039;étendue que représentait pour nous cet instant. Nous avons tout abandonné, tout délaissé, au loin, l&#039;arrivée est autre chose, pour nous, qu&#039;une bonne occasion de boire et se détendre... Les bourrasques sont violentes, le plafond nuageux extrêmement bas, mais la ville nous apparaît enfin, bien plus proche que je ne le pensais. Malgré la pluie, il m&#039;a fallu ouvrir grand les mirettes pour une description des plus fidèles -rien que pour vous- !</p><p style="text-align: justify">Haranie occupe&#160; la totalité d&#039;une presqu&#039;île, mince bande de terre pointant vers l&#039;Ouest. Ker Malor m&#039;en avait rapidement décrit la topographie. La cité dispose de trois ports : un spécialisé dans l&#039;accueil des navires les plus modernes et à vocations militaires, un autre pour les transports de personnes et de marchandises, et enfin le petit dernier, de taille bien plus modeste, lui destiné à de petites embarcations de loisirs ou de pêches... Le Fréove est normalement rattaché au port militaire, au Nord de la presqu&#039;île, mais nous allons exceptionnellement accoster par le Sud, au port commercial. </p><p style="text-align: justify">La ville nous apparaît peu à peu, selon l&#039;humeur des volutes de brumes. Bien que je les distingue difficilement, on devine l&#039;immensité des quais sur lesquels la houle se brise. En arrière-plan, une haute tour émerge, surplombant l&#039;ensemble des installations portuaires. Les bâtisses que j&#039;aperçois se distinguent toutes, tant par la forme que les matériaux employés, des petites maisons de pierre et de bois à la grande construction qui nous fait directement face, à la façade magnifiquement décoré de brique et de pierre rose. Ker Malors intervient, devinant notre perplexité :</p><p><em>- Cette tour est la grande Horloge du port. Par temps calme, l&#039;on peut la voir et l&#039;entendre à des miles et des miles au loin. Le bâtiment à sa gauche est la bibliothèque d&#039;Haranie, ancienne Bibliothèque Impériale. Des érudits de tout Termïn y viennent encore aujourd&#039;hui, on y trouve des documents uniques ! Encore à gauche, l&#039;auberge principale. Les voyageurs aisés y sont bien accueillis. Vous y passerez la nuit, le grand Commandeur ne vous recevra sans doute que demain.</em> </p><p style="text-align: justify">Le reste de la cité était noyé dans la brume, invisible. Seules émergeaient çà et là de grandes toitures, et un grand dôme à peine discernable, plus loin dans les terres. Une certaine déception se lisait sur les visages de quelques-uns de mes comparses, sans-doute qu&#039;ils auraient souhaité en voir plus... Patience, mes braves ! D&#039;ici quelques dizaines minutes, nous y sommes ! L&#039;accostage se fit d&#039;ailleurs à la cool ; aucun incident, pas de casse, impeccable, propre, rien à voir, circulez. Quand je pense qu&#039;au port d&#039;Origine, sous une météo pareille, tu retrouvais le navire échoué sur le quai, la moitié de l&#039;équipage par-dessus bord… Un mécanisme caché dans la coque ou je ne sais où doit sûrement contrer la dérive et stabiliser la barcotte... Ingénieux ! Bon, je déblatère mais il va être temps pour moi de débarquer sur cette terre promise. Melicerte me pousse gentiment du coude : je serais le premier des survivants du Serenity à fouler le sol de Termïn. J&#039;empoigne l&#039;échelle, bascule le corps... On descend, gentiment, dooouuucement.. Plus que dix barreaux... neuf... ... ...trois... deux... un... Allez, un petit pas pour Roger, mais un grand pas pour tous les félés qui m&#039;ont suivi, Melicerte le premier.. Je pose tranquillement le pied droit.. C&#039;est fait. Me voilà désormais en terre de Termïn. </p><br /><p><span style="color: #EFCB0F"><span class="bbu">III Visite de Haranie l&#039;injuste</span> </span></p><p style="text-align: justify">J&#039;ai hésité à pondre un chapitre narrant ce qu&#039;il s&#039;est passé directement après le débarquement, mais les huitres et la soupe de poisson qui nous ont été servi à l&#039;auberge m&#039;ont fait passer l&#039;une des pires nuits de mon existence... Alors je me contenterais de dire que l&#039;accueil fut chaleureux, et on nous laissa faire la seule chose qui nous importait pour le moment : nous reposer sur le plancher des vaches. Il faut se dire qu&#039;il nous manquait beaucoup, celui-là. Au crépuscule, après s&#039;être éclipsé juste après l&#039;accostage, Ker Malor revint et nous expliqua grosso-merdo le programme : le commandeur (le chef, le Roi, le patron, que sais-je !) était disposé à nous recevoir et écouter notre histoire (et nous payait accessoirement le séjour à l&#039;auberge) mais pas avant après-demain. Et pour nous occuper, il a lié l&#039;utile à l&#039;agréable en dégotant un certains Arrnelod qui nous fera visiter la ville dans la journée de demain. J&#039;espérais surtout que ce dernier allait parvenir à répondre à la montagne de questions que Melicerte et moi nous posions.</p><p> </p><p style="text-align: justify">Comme promis, Arrnelod se présenta à l&#039;aube. C&#039;était un bonhomme un peu grassouillet d&#039;une cinquantaine d&#039;année, souriant et aux forts relents d&#039;alcool. Je m&#039;attendais à plus &quot;strict&quot; pour un guide, mais passons et faisons confiance au jugement de Ker Malor... Seuls une dizaine de survivants, Melicerte, Foulevent et moi compris, le suivirent, les autres étaient encore bien trop fatigués (ou pas remis de la mortellement célèbre soupe de poisson de l&#039;auberge, à voir). Leana, la soignante en chef du Fréove, nous accompagna (pour mon plus grand bonheur) et pour cause : elle s&#039;inquiétait sincèrement de notre état.</p><p style="text-align: justify">La visite nous pris toute la matinée, et s&#039;étira jusqu&#039;au zénith. Et malgré ces longues heures, les notes que j&#039;ai eu l&#039;occasion de prendre étaient lapidaires : non pas que le rythme soit trop effréné (au contraire, il a fallu multiplier les pauses pour que Foulevent puisse soulager ses plaies encore douloureuses), mais bien le flot d&#039;information trop dense, et la cité trop tentaculaire. La presqu&#039;île en elle-même n&#039;est pas si imposante, mais Haranie s&#039;est tissée dans un tentaculaire réseau de petites ruelles et ramifications, allongeant la visite et nous faisant bien souvent perdre le Nord. Il a d&#039;abord fallu nous glisser aussi habillement que possible entre les échoppes et rues du quartier commerçant grouillant déjà d&#039;activités.</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Pendant qu&#039;Arrnelod nous vantait la saveur des tartes à la citrouille de son neveu, nous admirions, éberlués, la Basilique qui nous surplombait de son impressionnante taille. D&#039;ailleurs, nous avons rapidement été pleinement satisfaits : le passage que nous suivions nous fit aboutir sur la grande place de la Gare. A notre droite : la Basilique et son dôme. A notre gauche, la citadelle d&#039;Haranie, dont l&#039;immense herse défendait l&#039;accès à la cité, surplombée par quatre grandes tours. Et nous faisant face, l&#039;impressionnant chantier de la gare, qualifié par Arrnelod de dernière « excentricité » du grand Commandeur.</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Puis passage éclair dans les quartiers de la petite classe moyenne (pas pauvres, mais pas non plus excessivement riche, composé de petits commerçants et notaires), avant d&#039;arriver au clou du spectacle : le quartier riche. Un insondable et inextricable réseau de rues et de bâtisses toutes plus grandes les unes que les autres, à la décoration extravagante au possible : le tape à l&#039;œil au-delà des mots. Le luxe y était tellement affiché, revendiqué, nous en étions presque dégoûtés.</p><p> </p><p style="text-align: justify">C&#039;est avec des sentiments très partagés que notre guide nous ramena finalement à la bibliothèque, juste à côté de l&#039;auberge. Pourquoi partagés ? Eh bien… La ville m&#039;avait subjugué par sa richesse, la splendeur de ses monuments… Mais son extravagance, et l&#039;impression de démesure qui en transpirait de chaque quartier, chaque ruelle, chaque villa, tout cela me dérangeait. Oui, je vous vois d&#039;ici venir avec vos grands chevaux : « tu es simplement écœuré et amère, toi qui vient d&#039;un lieu beaucoup plus modeste et à l&#039;avancement technologique bien moindre !! »… Ce n&#039;est pas du tout ma pensée. Simplement le luxe du&#160; quartier riche est tellement en décalage par rapport au reste de la ville, surtout le quartier pauvre, qu&#039;Arrnelod nous a d&#039;ailleurs à peine montré… En quelque pas, nous passions de maisons aussi grandes que nos châteaux d&#039;Origine, et de misérables bâtisses dignes de nos quartiers mal famés… Pourquoi la technologie et la richesse sont si mal réparties ?!</p><p style="text-align: justify">J&#039;ai de plus en plus hâte de rencontrer le grand Commandeur demain, je sens qu&#039;il va avoir plein de choses à m&#039;expliquer concernant la gestion d&#039;une ville. Atteindre un tel seuil d&#039;inégalités et d&#039;injustice, cela demande du génie… Ou de la folie.</p><p>&#160; </p><br /><p><span style="color: #EFCB0F"><span class="bbu"> IV La construction d&#039;un monde</span> </span></p><p style="text-align: justify">Mais mes revendications sociales allaient attendre. Car c&#039;est ici, attablés que nous étions au second niveau de la grande Bibliothèque de la ville, qu&#039;Arrnelod allait enfin nous conter l&#039;histoire de la construction d&#039;Haranie, et surtout : de Termïn dans son immense globalité. J&#039;abandonne à partir de maintenant mes habituelles et hilarantes frasques (ne pleurez pas, allons, elles reviendront par la suite) pour retranscrire au mieux le récit, qui s&#039;étendra jusqu&#039;au crépuscule…</p><p style="text-align: justify">Les premières traces écrites témoignant de l&#039;émergence de véritables civilisations humaines organisées sur les terres de Termïn ne sont pas datées (et sont consultables ici-même, entre les murs de la bibliothèque). On a pris l&#039;habitude de les situés à quelques siècles derrière notre ère. Ils relatent des premiers fondements d&#039;une société qui serviront de base à celle d&#039;aujourd&#039;hui, et qui ont perduré pendant de nombreuses années. Pour rendre le récit plus agréable et compréhensible, je vais le subdiviser en sous-parties correspondant aux différentes ères qui composent l&#039;histoire de Termïn, qui sont au nombre de cinq.</p><br /><p><span style="color: #F88406">-&#160; &#160; Première ère : Les hameaux</span></p><p style="text-align: justify">Comme je le disais donc, très peu de traces de ces âges remontant à des siècles aussi lointains qu&#039;obscurs ont résisté à l&#039;effet délétère du temps. L&#039;on suppose qu&#039;à l&#039;origine, Termïn n&#039;était qu&#039;un vaste continent vierge ou presque de toutes traces humaines, ces dernière se limitant à des hameaux aussi petits qu&#039;éparpillés et isolés, subsistant vraisemblablement de la chasse et de l&#039;agriculture. Aucune trace de monnaie, de début d&#039;administration, cartographie quasi inexistante… Bref, un âge sombre dont les vestiges sont bien peu nombreux. </p><br /><p><span style="color: #F88406">-&#160; &#160; Deuxième ère : la Grande urbanisation</span></p><p style="text-align: justify">Les écrits la décrivant se multiplient, et deviennent suffisamment explicites pour que les historiens en tirent d&#039;importantes conclusions. Les contrés de Termïn étaient initialement peuplés de paysans exsangues et éparpillés aux quatre vents, survivant bon grès mal grès de leur culture selon les aléas de Dame Nature, comme nous venons de le voir. Seulement, le continent va connaître une explosion démographique et commerciale lorsque ces peuplades sporadiques vont se regroupés dans les principaux sites de passages des marchands, les zone littorales bordant les eaux les plus poissonneuses, ou encore là où les terres sont les plus fertiles et propices à une agriculture saine et viable. En l&#039;espace de quelques décennies, de petit hameau et bourg se transforment en véritables cités, puissantes, où l&#039;administration citadine naissante et les premières lois organisant le commerce permettent l&#039;essor de régions entières et la pérennisation de tout le continent : des routes sont tracées, des voies navigables découvertes, des cols franchis, dans le but de relier entre elles les différentes cités naissantes. Des pans entiers des populations paysannes sortent de l&#039;isolement.</p><p style="text-align: justify">Les familles marchandes, à l&#039;origine de cette urbanisation rapide, gagnèrent ainsi en richesse mais surtout en puissance : c&#039;était elles qui détenaient véritablement le pouvoir, et ce sont elles qui allaient modeler le visage de Termïn. On notera aussi que c&#039;est à cette époque que de véritables monnaies émergent : de manière générale, une par grande cité (les villages alentours s&#039;y conformant).</p><p style="text-align: justify">Haranie ne fait pas figure d&#039;exception. A l&#039;origine un misérable petit port de pêche envasé, un commerçant itinérant (et relativement aisé) nommé Melo Della Pricca remarqua immédiatement le potentiel de la presqu&#039;île : elle pourrait constituer un port formidable, et surtout l&#039;un des seuls sur la côte Ouest. Qui plus est, situé presque au centre du continent, la région était le passage obligatoire pour qui transitait du Nord au Sud ou inversement. Il investit massivement dans le désenvasement et l&#039;agrandissement du port, en mettant en place des taxes sur tout marchand usant des routes du secteur. Tout de fois, ses fonds n&#039;étaient pas inépuisables. Le renforcement des digues et la construction d&#039;installations portuaires décentes ont eu vite fait d&#039;épuiser sa bourse. Il lui fallait des alliés. Et Melo les trouva dans les personnes de Ramero Lisabeau et Torrac Froscel, deux riches marchands de passage qui s&#039;intéressèrent eux aussi aux possibilités qui s&#039;ouvraient à faire de l&#039;endroit un port qui centraliserait tous les échanges des mers de l&#039;Ouest. L&#039;accord était simple : ils bâtissaient ensemble une cité portuaire d&#039;envergure, avec pour seule condition que chacun aurait ses droits exclusivement sur une partie spécifique du terrain : la cité ne formerait qu&#039;un, mais serait en fait composée de trois zones distinctes, revenant chacune à l&#039;un des marchands. Leurs héritiers continuèrent le travail, et c&#039;est ainsi que naquit Haranie.</p><br /><p><span style="color: #F88406">-&#160; &#160; Troisième ère : la guerre du fer</span></p><p style="text-align: justify">A la fin de la grande urbanisation, qui s&#039;étendit sur une soixantaine d&#039;années environ, la carte de Termïn devint bien plus lisible. L&#039;intérieur des terres était parsemé de hameaux de tailles variables (allant de la petite ferme à de véritables ensembles fortifiés) installés sur les sites où se trouvaient les grandes matières premières : blé, élevage, fer, charbon… Ces cités agricoles et minières assuraient la production des ressources indispensables, qui étaient achetées par les villes marchandes qui s&#039;assuraient de leur transition jusqu&#039;au port, où elles étaient revendues à prix d&#039;or. Tout le monde tirait profit du système : le producteur, et le commerçant. Il n&#039;existait aucune réelle démarcation politique ou régionale : les villes (portuaires, ou productives) centralisaient les pouvoirs décisionnels.</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Tout de fois, les cités minières se trouvaient en situation de désavantage nette : leur seule revenu était la vente du fruit de leur travail. Si les cités marchandes décidaient de prendre des mesures les défavorisant, les mineurs ne disposaient d&#039;aucun levier pour résister et engager le bras de fer : s&#039;ils stoppaient la production en représailles, ils se retrouveraient sans le sous… Les terres environnantes et les quelques villages alentours bénéficiaient d&#039;une protection, mais hors de ces sphères d&#039;influences, les landes et sentiers de Termïn étaient de vastes zones de non-droit, où les marchands de passages qui n&#039;avaient pas les moyens de s&#039;offrir une escorte étaient à la merci des brigands et autre criminels de grands chemins. On avait donc affaire à des cités Etats toutes puissantes (seule exception : les hauts de Krasla, où une petite communauté d&#039;éleveurs et fermiers se rallia pour revendiquer la création d&#039;une région autonome, véritable embryon d&#039;Etat. Il n&#039;y eu pas de reconnaissance officielle, mais il semble que les grandes cités aient respecté leur volonté).</p><p style="text-align: justify">Mais comme il fallut si attendre, des rivalités naquirent peu à peu entre les sites de productions et les villes marchandes. Les spéculations aussi hasardeuses que dangereuses opérées par certaines familles de marchands entrainèrent une série noire de chute des prix des matières première (à cette époque, chaque ville ou presque avait sa propre monnaie, compliquant d&#039;autant plus les échanges alors en plein expansion) qui ruinaient à chaque fois à un peu plus paysans et ouvriers. Et comme nous l&#039;avons vu précédemment : ces derniers ne pouvaient répliquer. Les relations entre paysannerie et grands commerçants se dégradèrent par crans successifs. Il ne manquait plus qu&#039;une étincelle pour déclencher un conflit armé généralisé (qui serait une première dans l&#039;histoire de Termïn). Et c&#039;est à Haranie que celle-ci va se produire.</p><p style="text-align: justify">Haranie est alors à cette époque l&#039;une des nombreuses cités portuaires de Termïn, et la plus importante de la côte Ouest. Tous les échanges maritimes de l&#039;Ouest s&#039;y centralisent, et la ville est devenue l&#039;étape habituelle pour toutes les personnes qui traversaient le continent dans l&#039;axe Nord-Sud. A sa tête, les trois familles créatrices : Della Pricca, Lisabeau, et Proscel, qui dirigent successivement la cité par roulement tous les 5ans, les deux familles non dirigeantes agissant comme conseillères auprès de celle qui a le pouvoir. Le système avait jusque-là fait ses preuves, et la répartition des trois secteurs s&#039;était perpétuée sans accroc : les Della Pricca détenaient l&#039;actuelle zone riche et le port moderne, les Lisabeau l&#039;actuel port de pêche, le quartier pauvre et la zone commerçante, et enfin les Proscel les quartiers moyens. Malgré la séparation de la gestion des secteurs, l&#039;architecture de la ville est relativement homogène : pierre, bois des forêts locales… Seulement, les richesses accumulées entre les familles n&#039;étaient-elles pas égales : les Della Pricca possédaient le port le plus rentable d&#039;Haranie, et en tiraient des bénéfices largement supérieurs à ceux des Lisabeau et Proscel réunis.</p><p> </p><p style="text-align: justify">L&#039;héritier de l&#039;époque, Bravile Della Pricca, comptait bien saisir cette occasion. Soudoyant l&#039;administration, prenant totalement le contrôle de la milice, et s&#039;assurant du soutien des nobles de la ville, il écarta en une nuit les Lisabeau et Proscel du pouvoir, mettant fin au contrat fondateur et faisant ainsi pleinement main base d&#039;Haranie. La « triaharchie » s&#039;achevait. Et pour fêter ce qu&#039;il considérait comme l&#039;unification de la ville, il fit construire un obélisque au beau milieu des zones des Lisabeau et Proscel (emplacement de l&#039;actuelle Basilique), affirmant ainsi symboliquement sa domination. Bien qu&#039;évincées, les deux familles n&#039;avaient pas capitulées… Et elles allaient se trouver des alliés dans les petits producteurs de fer de la région dont Haranie assuraient l&#039;exportation.</p><p style="text-align: justify">En effet, les Della Pricca, soucieux d&#039;asseoir pleinement leur nouvelle emprise, levèrent de nouvelles taxes, cette fois-ci directement sur la production des matières premières, à la tête desquels se trouve le fer. Cette décision, dans un contexte de fortes tensions entre producteurs et commerçants, était l&#039;étincelle qui allait embraser Termïn toute entière, puisque les populations de travailleurs des petits villages miniers situés dans la région sous l&#039;influence d&#039;Haranie (un immense arc de cercle du Nord au Sud) virent la taxe comme une véritable ingérence dans leur propre politique : de quel droit une cité « étrangère » pouvait-elle leur taxer ainsi le kilo de fer extrait ?!</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">La foule s&#039;enhardit, les responsables haraniens envoyés un peu partout pour s&#039;assurer du bon déroulement du paiement des taxes furent pendus, des drapeaux portant l&#039;insigne de la cité brûlés. Le mouvement, le premier à atteindre cette envergure et a allé aussi loin dans la contestation, se fit connaître par le bouche à oreille au grès des chemins et hameaux de Termïn. Et de toutes les villes de productions qui subissaient une pression identique, des messages d&#039;approbations et de soutient arrivèrent. Sentant la patience de Bravile s&#039;étioler, et une répression sanglante se profiler, les Lisabeau et Proscel tentèrent par l&#039;envoie de représentants de convaincre les mineurs qu&#039;ils étaient leurs alliés. Les deux familles firent de leur mieux pour organiser et armer les mineurs en échange de quoi ces derniers, une fois Bravile Della Pricca déposé, les reconnaitraient comme dirigeants d&#039;Haranie : les Lisabeau et Proscel parviendraient ainsi à éliminer leur ennemi et à reprendre le pouvoir.</p><p style="text-align: justify">Malheureusement, leur plan tombera à l&#039;eau avant même qu&#039;il n&#039;est pu démarrer : les négociations et l&#039;équipement ont pris trop de temps, et les hommes de Bravile sont déjà en marche. En deux semaines seulement, tous les centres contestataires sont écrasés, la plupart pillés et incendiés, sans que le mouvement de révolte n&#039;ait eu l&#039;occasion de se regrouper. Et pour donner l&#039;exemple, pas de prisonniers lors de la suppression des derniers nids de résistances : des centaines de mineurs, paysans, femmes et enfants (dont sans doute une grande majorité d&#039;innocents) sont méthodiquement massacrés sur ordre direct de Bravile. Cette répression cruelle et aveugle électrise les foyers de contestations de tout Termïn, qui généralisent les agissements d&#039;Haranie aux autres grandes cités marchandes, et les accusent de despotisme. Les campagnes s&#039;arment comme elles le peuvent en vue de venger cet affront et mettre fin au dictat… Tandis que le massacre donne des idées aux grandes cités marchandes : pourquoi perdre du temps à négocier des taxes et lois, s&#039;il suffit de faire parler la force…</p><p> </p><p style="text-align: justify">Et ainsi s&#039;étend à tout le continent la guerre du fer : partout, milice des cités et mineurs s&#039;affrontent et s&#039;entretuent dans une lutte confuse mais penchant clairement en faveur des grandes villes, mieux organisées et équipées. Après une dizaine d&#039;année de guérilla durant laquelle les milices détruisent les groupes les plus menaçants et les plus proches, les grandes villes se lancèrent dans un « grand nettoyage » : pendant près d&#039;un demi-siècle, elles s&#039;évertuèrent à piller et soumettre tous les villages et hameaux qu&#039;elles croisent, frappant souvent bien au-delà de leur sphère théorique d&#039;influence. L&#039;objectif était double, et fut pleinement rempli : étouffer dans l&#039;œuf toute révolution qui aurait pu se déclencher dans le futur, et étendre leur pouvoir. Car au fil de ces raids, les cités s&#039;assurèrent le contrôle de régions entières.</p><p style="text-align: justify">Après environ 60ans de troubles et de terreur, la guerre du fer prit finalement fin. Les grandes cités marchandes et portuaires (au nombre de quatre) ont grâce à elle assises leur pleine domination sur Termïn : les quelques villages qu&#039;elles ont épargné leur sont totalement soumis. Seulement, ce rival commun maintenant abattu, les dirigeants de celles-ci comprirent qu&#039;une nouvelle lutte allait éclater, et qui cette fois-ci les opposerait entre-elles.</p><br /><br /><p><span style="color: #F88406">-&#160; &#160; Quatrième ère : Les quatre cités et la guerre d&#039;Union, l&#039;ère Impériale</span></p><p>&#160; &#160; </p><p style="text-align: center"><span class="bbu">Les quatre cités</span></p><p style="text-align: justify">Nous nous trouvons désormais à environ un siècle avant notre époque. La guerre du fer s&#039;est achevée de la même manière qu&#039;elle a commencée : dans le sang et la barbarie, et quatre villes se retrouvent maintenant maîtresses du continent tout entier (les seules à échapper à leur hégémonie étant les petites cités ou forts les plus éloignés et/ou n&#039;ayant pas pris part au mouvement de révolte, la communauté des Hauts de Krasla en fait par exemple partie). Haranie est alors la plus puissante de toute, dominant l&#039;Ouest tant sur mer quand dans les terres. Le complot raté des Lisabeau/Proscel les ayant discrédités aux yeux de la population, les Della Pricca eurent les mains libres. La ville enrichi par les tarifs douaniers et le fruit des pillages (durant la guerre du fer) se trouvait à la pointe de la technologie de Termïn : poudre à canon, premiers grands navires de guerre... Le bras armé de sa flotte, les Ecumeurs, représentaient une force de frappe indéniable. <br />Parmi ses rivaux directs : </p><p style="text-align: justify">Port Pourri. Amorce d&#039;industrialisation, budget dédié à l&#039;armement de plus en plus élevé… Tout comme Haranie, la cité construite sur un marais asséché faisait de son mieux pour se maintenir dans la course technologique, et lui offrait une concurrence des plus tenaces. La ville était par ailleurs toute puissante dans l&#039;exportation du fer, et des minerais les plus précieux.</p><p style="text-align: justify">Ou encore l&#039;île Grenade. Ce havre des régions arides et désertiques tirait sa puissance de son emplacement : un ensemble de petits îlots narguant de près le rivage. Un pont fut jeté et consolidé, et de puissants sultans locaux s&#039;y installèrent, donnant naissance à une cité portuaire de taille. L&#039;île dominait notamment de loin le commerce du verre et des épices. </p><p style="text-align: justify">Et enfin, Port Fleuri. Ce paisible village de pêcheur profita d&#039;accords douaniers avantageux avec Haranie pour agrandir considérablement son port et parvenir à s&#039;imposer comme l&#039;une des quatre grandes cités de Termïn. Militairement très faible et traditionnellement peu belliqueuse, la ville ne prit pas part à la répression de la guerre du fer, et gonfla sa population en accueillant nombre de paysans qui fuyaient les campagnes ravagées. </p><p> </p><p style="text-align: justify">Ces quatre-là étaient à la fois partenaires et rivales. Les relations entre Port Fleuri et Haranie illustrent bien le paradoxe : les deux cités ont homogénéisé leurs tarifs douaniers, Port Fleuri est sous le giron d&#039;Haranie en ce qui concerne sa défense (alliance militaire, en clair), mais les deux se mènent une guerre féroce concernant les exportations de ressources halieutiques et agricoles. Haranie était alors dirigée par l&#039;homme qui allait la mener à son apogée : Milusa Della Pricca : lucide et pragmatique, il savait que le rapport de force commercial entre les quatre allait fatalement tourner au conflit armé. Frapper le premier aurait sans doute paru comme la meilleure des options, mais il ne voulait cependant pas non plus précipiter les choses : avant de s&#039;engager dans une guerre, il est plus judicieux de se préparer un terrain favorable… Conseillé par un mystérieux inconnu, il décida d&#039;organiser une rencontre exceptionnelle entre les quatre dirigeants des cités, une grande première. L&#039;objectif : tenter de les amadouer.</p><p style="text-align: justify">La réunion prit place dans l&#039;un des palais de l&#039;île Grenade. Pourquoi là-bas, m&#039;étais-je aussitôt demandé ? Car Milusa avait raisonné par élimination. Une réunion à Haranie ou Port Fleuri, les représentants de Port Pourri aurait aussitôt exprimé leur refus d&#039;y participer : les deux villes lui sont clairement opposées, le piège n&#039;est que trop évident… De même que ces deux premiers refuseraient de se rendre à Port Pourri pour les même raisons. Reste donc l&#039;île Grenade, qui est un choix judicieux pour plusieurs raisons : la cité est la plus neutre des quatre, elle contente donc tous les partis. Qui plus est, Milusa espère en flatter le dirigeant en lui offrant le privilège d&#039;être l&#039;hôte d&#039;un évènement aussi important : l&#039;île Grenade est neutre, mais qui sait, en la brossant dans le sens du poil, il deviendrait envisageable de la voir gagner sa cause, et obtenir un trois contre un plus que favorable contre Port Pourri. Il s&#039;en pourléchait déjà les babines…</p><p> </p><p style="text-align: justify">Le cadre fut, d&#039;après les différents récits et témoignages retrouvés, d&#039;un luxe et d&#039;une beauté encore jamais vus sur Termïn. La ville toute entière avait été somptueusement habillée des plus belles tapisseries aux couleurs des quatre grands, des fleurs exotiques aux milles senteurs ramenés de l&#039;autre bout du continent pour l&#039;occasion, les chambres les plus belles de toute la cité réservées aux hôtes… Une atmosphère de fête et de liesse courait chaque rue, envoutant les délégations dès leurs premiers pas dans le port. Celle d&#039;Haranie vint dans son majestueux Fréove (premier du nom), navire amiral des Ecumeurs. Le Port Fleuri choisi la simplicité, arrivant dans un petit voiler gris argenté aussi élégant et travaillé que rapide sur l&#039;eau. Et comme il fallut s&#039;y attendre, Port Pourri opta pour l&#039;intimidation : sa délégation fit le déplacement dans le plus gros navire de guerre de sa flotte, un gigantesque trois mats à l&#039;aspect menaçant.</p><p style="text-align: justify">La fête qui attendit les invités pour la première nuit sur l&#039;île dépassa toutes les attentes, le Sultan avait dépensé sans compter (aidé par un Milusa habilement généreux) : musiques, danses, jeux, mets orientaux, et surtout l&#039;alcool local (sorte de liqueur de figue) enchantèrent les nouveaux arrivants… enfin, presque tous. En effet, tous ne virent pas la fête du même point de vue : la délégation du Port Fleuri se prêta immédiatement au jeu et profita sincèrement des festivités à l&#039;excès, de bons vivants, il ne fallait pas le leur demander à deux reprises quand il s&#039;agissait de boire et s&#039;amuser. Les haraniens s&#039;y joignirent eux aussi de bon cœur, conscient qu&#039;ils avaient participé au financement de tout cela, avec comme arrière-pensée la nécessité de faire bonne figure devant l&#039;hôte. Seuls les hommes du Port Pourri observaient d&#039;un œil perplexe et désabusé les réjouissances : à quel moment le contexte de tension actuel permettait-il une telle beuverie, se demandaient-ils.</p><p style="text-align: justify">Milusa allait et venait, observant la scène d&#039;un air satisfait : les représentants de ses amis (alliés) du Port Fleuri fraternisaient peu à peu avec leurs homologues de l&#039;île, alors que ses adversaires s&#039;isolaient, refusant de prendre part et sirotant froidement leurs verres entre eux… Parfait, tout était parfait. La réunion du lendemain allait s&#039;ouvrir sous les meilleurs hospices possibles.</p><p style="text-align: justify">Celle-ci s&#039;ouvrit d&#039;ailleurs avec 5heures de retard : il fallait bien que tout ce beau monde décuve de la veille. Le top fut donné à 17h pile, dans la plus grande salle du palais réaménagée pour l&#039;occasion : une grande table carré en son centre, chaque côté accueillant une délégation avec au centre son dirigeant. La salle était vierge de tout apparat, seulement décoré des drapeaux des quatre invités, disposés sur les murs de la pièce. Avant même que le premier mot ne soit prononcé, la tension était irréaliste : hommes du Port Fleuri et de l&#039;île rigolaient encore doucement de la veille, tandis que ceux de Port Pourri toisaient d&#039;un œil sévère et ostensiblement méprisant le reste de l&#039;assistance, attendant que Milusa ouvre enfin le début dans un calme trompeur. Et leur attente allait être récompensée car l&#039;annonce qui venait était d&#039;ampleur : la phrase d&#039;entrée de Milusa fut lapidaire.</p><p><em>« Messieurs, je vais ce soir vous proposer une union. Notre union. Après des siècles d&#039;isolement, d&#039;indépendances contre-productives et de tensions inutiles… je vous propose la création de la première organisation inter-cité de Termïn : notre Empire. »</em></p><p style="text-align: justify">Je vous laisse imaginer les réactions dans la pièce, entre fou rire et tollé généralisé. Il fallut attendre plusieurs minutes, le temps que le calme revienne enfin… Et que les convives constatent par le simple fait de croiser son regard à quel point l&#039;homme fort d&#039;Haranie était sérieux. On lui demande des explications, des raisons… Il les leur donne : une véritable démonstration argumentée durant laquelle Milusa impressionne tant par un talent d&#039;orateur qu&#039;il avait bien dissimulé que par son exposition des faits. Son argumentation tournait autour d&#039;une idée centrale : la nécessité de normalisé les lois, décrets, tarifs,…</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Si les cités souhaitaient poursuivre sereinement leur développement, elles ne pouvaient selon lui s&#039;enfermer continuellement dans une lutte instinctive contre des concurrents qu&#039;elle ne pourrait abattre que par la force, ce qui serait regrettable (je doute de sa sincérité sur ce point en particulier). La pérennisation de l&#039;économie de Termïn ne peut que passer par l&#039;unification de la monnaie et des règles douanières. Un organe administratif central doit être bâti et respecté, lequel se chargera de l&#039;édiction des lois et l&#039;organisation du commerce. Cet organisme aura toute puissance, et concentrera tous les pouvoirs. Voilà un résumé que je pense fidèle de ses idées.</p><p> </p><p style="text-align: justify">Il soumit les trois délégations à une première question : êtes-vous prêt à travailler avec moi dans le but de faire de ces mots une réalité ? Si le oui était acquis, le reste du débat aurait alors servi à fixer les détails techniques : nature de l&#039;exécutif (parlement, ou simple chambre de conseil, etc…). La consternation du début laissa place à d&#039;intenses réflexions au sein de chaque délégation. Le débat semblait passionné, particulièrement du côté de l&#039;île Grenade. Sans la moindre surprise, les représentants du Port Fleuri apportèrent les premiers leur approbation. Milusa se tourna alors vers ses hôtes, les seules dont il n&#039;était pas sûr de la réponse. Il fallut patienter une dizaine de minutes pour enfin entendre la voix le Sultan : l&#039;idée lui plaisait, mais l&#039;approbation pleine allait se faire selon les débats qui suivront. Vint finalement les hommes du Port Pourri. Leur refus était évident, mais plutôt que de l&#039;annoncer explicitement, ils préfèrent non sans habilité évoquer le point qui serait le plus sujet à discorde lors des négociations : qu&#039;elle ville serait considérée comme capitale (car qui dit pouvoir centralisé dit capitale les centralisant) ?</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Milusa avait anticipé un tel retour de bâton, et sa réponse était toute prête :</p><p><em>« Quelle ville ne serait plus à même de servir de capitale qu&#039;Haranie ? La plus puissantes des quatre ? »</em></p><p style="text-align: justify">Une provocation cinglante, tellement énorme qu&#039;elle en paraissait presque irréaliste. Comme Milusa l&#039;escomptait, sa proposition ne déclencha qu&#039;indignation dans la délégation du Port Pourri, qui quitta la pièce dans la minute, quitta le palais dans les 5minutes, rejoignirent leur navire dans la demi-heure, et était définitivement l&#039;île dans l&#039;heure. Avec le départ d&#039;un des quatre, la réunion fut suspendue, et chacun retourna chez soi…</p><p style="text-align: justify">La manœuvre de Milusa, bien que brutale, reste habile. Il avait parfaitement conscience que sa proposition allait être rejetée. Mais bâtir l&#039;empire pouvait attendre : par cette annonce, son objectif principal avait été d&#039;observer les réactions des autres représentants. Palper le terrain, en sorte. Et l&#039;expérience s&#039;était révélée enrichissante : l&#039;île Grenade n&#039;avait pas rejeté l&#039;idée comme il le craignait, et semblait même prête à y prendre part. Et maintenant qu&#039;il avait insufflé ce projet dans les esprits, tous allaient y penser malgré eux… Mais quelle conduite à tenir, maintenant que l&#039;opposition avec le Port Pourri se radicalisait ? La guerre, bien évidemment, mais pas sans un motif qui permettrait de napper son simple désir de dominer Termïn sous une nécessité qui œuvrerait pour le bien de tous. Or, la réunion avait offert ce motif ! N&#039;a-t&#039;il pas montré, par son exposé, que son souhait le plus cher était l&#039;épanouissement de Termïn ? L&#039;argument était bien évidemment fallacieux, mais allait suffire à justifier l&#039;usage de la violence : Port Pourri s&#039;oppose à l&#039;Empire, ce qui revient à dire qu&#039;il s&#039;oppose à nous tous et notre désir de bâtir un monde main dans la main (brrr, j&#039;en ai des irritations tant ça pue l&#039;eau de rose).</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Si pour des yeux extérieurs cette gymnastique intellectuelle peut paraître invraisemblable, à l&#039;époque, elle fonctionna, et même bien.</p><p> </p> <br /><p style="text-align: center"><span class="bbu">La guerre d&#039;Union</span></p><p style="text-align: justify">Chacun retourna chez soi, et chaque cité fut prise d&#039;une activité fiévreuse les jours qui suivirent (sauf au Port Fleuri, où l&#039;on n&#039;en avait décidément pas grand-chose à faire…). Milusa avait préparé le terrain, il ne restait plus qu&#039;à exploiter le fruit de son travail : mettre à terre Port Pourri en vitesse avec le moins de pertes possibles. C&#039;est reparti pour la guerre…</p><p style="text-align: justify">La guerre d&#039;Union reste tout de fois une guerre bien particulière comme seules des marchands sauraient le faire : en quelques années de conflit, il n&#039;y eu qu&#039;une poignée d&#039;affrontements directs, principalement en mer, avec des pertes humaines infimes comparées aux massacres du temps de la répression durant la guerre du fer. C&#039;est que Milusa ne veut pas foncer tête baissée : c&#039;est un homme de politique et non un militaire, ses connaissances en matière de stratégie navale sont plus que limitées, et il en a conscience (il souffre d&#039;ailleurs un mal de mer étonnamment puissant). Il n&#039;attaquera pas avant d&#039;être sûr de la victoire : Port Pourri économiquement dans l&#039;impasse, et une supériorité numérique écrasante, sans quoi l&#039;ennemi serait capable de lui tenir tête voir retourner la situation.</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Port Fleuri le soutiendra, mais sa flotte se limitait à quelques barquasses de pêches et des galères non armées. Inutile. Cependant, le grand nombre de paysans que la ville abrite pourrait fournir une bonne réserve de fantassin… Les premiers messages partent, accompagnés de ses meilleurs lieutenants : il s&#039;agit d&#039;entrainer ces hommes. Dans le même temps que ces premiers préparatifs, un boycott de tous les produits venant de l&#039;ennemi est mis en place. Si Haranie le tentait seule, ce serait un échec, mais Port Fleuri accompagne, et le Sultan de l&#039;île Grenade accepte lui-même de bloquer l&#039;achat de certains produits (c&#039;est qu&#039;il a lui aussi des comptes à régler, le saligaud), après quelques tractations obscures comme on les aime. Milusa lui promet entre autre l&#039;achat d&#039;immenses tapisseries et bijoux en échange de ces mesures : le sacrifice est lourd, mais en vaut la peine, se dit-il.</p><p style="text-align: justify">Toujours est-il qu&#039;en l&#039;espace de quelques mois, les résultats sont là : la trésorerie du Port Pourri crie famine… Et compense le manque par des levées d&#039;impôts exorbitantes sur les populations travailleuses, et de nouvelles taxes sur les petits exploitants agricoles. Les mesures sont impopulaires et le mécontentement gronde, mais les sous rentrent dans les caisses : les collecteurs usaient bien souvent de la force pour être réglés. Tant mieux, pendant que l&#039;adversaire s&#039;évertue à trouver des fonds, Milusa à le temps de faire tourner ses chantiers navals à plein régime… Et ceux de l&#039;île Grenade tant qu&#039;à faire, Port Fleuri a de l&#039;argent à dépenser, autant les utiliser pour se constituer des navires digne de ce nom : il fournit le bois et les équipages, et le Sultan lui loue les cales sèches à des prix ridiculement bas. Pendant deux ans, les forces d&#039;Haranie sont libres de se développer comme bon leur semble, l&#039;étau se resserre…</p><p style="text-align: justify">Et pourtant, c&#039;est bien les forces du Port Pourri qui seront à l&#039;initiative du premier affrontement. En effet, la cité ne s&#039;est pas fondue dans le fatalisme et a pendant ces deux années tout tentée pour se redresser, en témoigne le nombre impressionnant de délégations qu&#039;elle a envoyé sur l&#039;île Grenade. Seulement, ses efforts sont beaux mais vains, car aveugles… Elle perd une année à tenter de la faire basculer dans son camp en s&#039;épuisant dans de longs monologues argumentatifs : infructueux, le porte-monnaie d&#039;Haranie est bien plus attirant que les coffres quasi vides de Port Pourri. Puis perd dans la foulée une deuxième année à essayer d&#039;acheter la neutralité de l&#039;île, ce à quoi le Sultan rétorquait qu&#039;il l&#039;était déjà : il n&#039;aide pas volontairement Haranie, il ne fait que louer ses cales sèches et lui vendre des tapisseries (il avait un sacré sens de la répartie, celui-là). C&#039;est l&#039;impasse, et les options ne se bousculent pas… Si rien n&#039;est fait, Haranie aura sous sa bannière une flotte monumentale. Mais dans le même temps, attaquer revient à faire de l&#039;île Grenade un ennemi, et poursuivre la lutte en trois contre un…</p><p> </p><p style="text-align: justify">Le choix est fait. Au début de l&#039;hiver, la flotte du Port Pourri appareille, les cales bourrées de poudres et boulets, cap sur l&#039;île Grenade. Après deux semaines d&#039;un voyage rendu difficile par les tempêtes de neiges et un vent capricieux, la flotte atteint par miracle la cible de nuit, comme le prévoyait le plan d&#039;action initial. Il s&#039;agit de réduire les cales sèches de l&#039;île en poussière et liquider dans le même temps le plus de bâtiments de guerres que possible (sachant qu&#039;ils allaient en faire un ennemi, autant couler maintenant ses forces…).</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">La flotte du Port Pourri s&#039;était divisée en deux : une partie allait longer les cales sèches, l&#039;autre les ports où les navires sont à l&#039;ancre. L&#039;attaque démarra simultanément, aux alentours de minuit, et tourna à la véritable démonstration : en un temps record et avec une précision monstrueuse, les canonniers envoient par le fond toutes les cibles qui se présentent. Réveillés en sursaut par le bruit des tirs et des explosions, les hommes de l&#039;île ne pourront qu&#039;observer, médusés et impuissants, leur flotte être coulée à quai. Quelques canons tentent sporadiquement de répliquer depuis le sol, sans faire mouche. Vingt minutes à peine après les premiers tirs, l&#039;agresseur se retire dans la nuit, aussi furtivement qu&#039;il en est venu, laissant les hommes du Sultan faire le bilan des pertes… Et il sera lourd. La totalité des cales sèches hors d&#039;usages, entre 70 et 80% de la flotte envoyée par le fond : tactiquement, c&#039;est une victoire écrasante. Stratégiquement, c&#039;est un simple gain de temps.</p><p style="text-align: justify">Lorsque Milusa fut informé, sa seule réaction se limita à un haussement d&#039;épaule : qu&#039;importe, la victoire est acquise malgré tout. Comme il l&#039;espérait, le conflit tourne au trois contre un : asphyxier la cité va désormais être un jeu d&#039;enfant. <br />Toute l&#039;année qui suit durant, il prépare l&#039;étape suivante : le blocus complet du Port Pourri. Les cales sèches ont été reconstruites et reprennent leur activité, les défenses portuaires sont renforcées, sa propre flotte est prête, la formation d&#039;une armée de terre en très bonne voie… Mais il va aussi falloir trouver une occasion pour saigner à blanc la flotte adverse, sans quoi l&#039;ennemi serait capable de résister à une attaque par mer, élément central de l&#039;assaut final. Heureusement, cette occasion va apparaître d&#039;elle-même…</p><p style="text-align: justify">En effet, au Port Pourri, la situation est explosive : le bas peuple est maintenant sans le sous, il faut désormais racler les fonds de bourses des nobles, augmentant le nombre de mécontents. Pour s&#039;en sortir, il faudrait obtenir une trêve, mais Haranie n&#039;accepte que la reddition sans condition, et l&#039;île Grenade a fait pendre ses derniers diplomates. Le seul moyen de résister au boycott reste de mener des raids sur les cités neutres alentours : les piller, prendre des otages, obtenir des rançons. Seulement, il faut frapper de plus en plus en loin, et la flotte va tomber dans un terrible guet-apens : Milusa avait anticipé cette stratégie, et déployé ses forces au large d&#039;un petit et riche hameau. L&#039;occasion est magnifique, il frappe au moment le plus vulnérable : lorsque les navires s&#039;approchent de la côte pour faire débarquer les fantassins. En une demi-heure, l&#039;affaire est close. Incapables de manœuvrer au risque de s&#039;échouer, les navires du Port Pourri sont détruits les uns après les autres, ceux qui flottent encore pris d&#039;abordage pour terminer le travail à l&#039;épée : une véritable hécatombe. Pendant des jours, les courants échoueront sur les plages voisines débris de bois et cadavres…</p><p> </p><p style="text-align: justify">La victoire est double : les défenses du Port Pourri sont bien entamées, et la ville est désormais privée de ce qui constituait ses seuls revenus fiables. Le pillage n&#039;est plus possible par la terre : les paysans s&#039;y regroupent, prêt à défendre chèrement leurs terres. La fin est proche…</p><p style="text-align: justify">Milusa fait durer le supplice encore quelques mois, le temps que ses forces soient totalement à disposition. Il dispose maintenant des flottes des trois cités combinées, d&#039;une armée de terre conséquente, et d&#039;assez grandes réserves de munitions et provisions pour entretenir un siège durant des mois et des mois.</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">A l&#039;inverse, après près quatre ans de blocus, Port Pourri est aux abois et en est réduit à attendre le coup d&#039;estoc : la cité n&#039;a même plus les moyens de payer l&#039;entretient de sa garnison. Le siège se met en place fin automne, d&#039;abord sur terre : la ville est totalement verrouillée, les petits villages alentours ont accueilli l&#039;armée des coalisés avec joie. Milusa aurait été tenté, selon les historiens, de ne pas aller au-delà du siège, pensant que la population de la ville renverserait rapidement d&#039;elle-même ses dirigeants pour mettre fin au calvaire. Il abandonna cette éventualité lorsque les autorités du Port Pourri chassèrent de la ville toutes les bouches inutiles, comprendre les vieillards, les malades. Sans pitié, il donna l&#039;ordre de les refouler : beaucoup périrent de froid et de faim au pied des murailles de la ville, sans abris en plein hiver : il s&#039;agit de montrer au reste des habitants ce qui les attend s&#039;ils n&#039;abandonnent pas.</p><p style="text-align: justify">La cité refusant toujours, envers et contre tout, de se rendre, il est finalement grand temps de passer à l&#039;assaut par mer. Milusa espérait que la flotte du Port Pourri se serait imprudemment risquée à quitter le port pour canonner via la mer les assiégeants, mais elle n&#039;est pas tombée dans un piège aussi évident. Le coup de grâce démarre donc une froide et neigeuse nuit d&#039;hiver. Les tirs débutent à terre, s&#039;acharnant sur la place forte de la ville : une puissante forteresse surplombant la mer, faisant la liaison entre le port et le mur d&#039;enceinte. Quelques tirs de préparations, puis une volée complète, assourdissante. Sous le couvert des boulets sifflants, plusieurs échelles sont dressées : il s&#039;agit de faire croire que l&#039;assaut est sérieux, et mobiliser autant de défenseurs que possible.</p><p> </p><p style="text-align: justify">L&#039;ennemi mort à l&#039;appât : il est temps de lancer la flotte. Les navires des trois cités débouchent sur le port une vingtaine de minutes après l&#039;ouverture des amabilités, espérant faire un carton sur le port… <br />Seulement, les restes de la flotte des assiégés n&#039;attendaient que ce moment pour tenter une sortie. Les témoignages sont unanimes : la collision entre les deux formations déclenche une pagaille sans nom, si bien que les premières minutes de batailles tournent au chaos. Les navires s&#039;éperonnent, lancent des abordages alors que les canons font feu à bout portant, pendant que quelques bâtiments tentent de prendre le large. Afin d&#039;éviter de se faire tailler en pièce, les navires du Port Pourri s&#039;évertuent à garder leurs vis-à-vis en contact direct, coque contre coque, formant une masse inouïe de navires collés les uns aux autres à quelques encablures à peine du port. La situation y est indéfinissable, les équipages sautent de pont en pont pour atteindre l&#039;adversaire, et l&#039;affrontement devient une lutte sanguinaire au corps à corps.</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Malheureusement pour eux, ici, le nombre prime sur l&#039;audace : le gros de la flotte haranienne contourne le foutoir central, et se contente de mettre en joue la masse compacte que forme le regroupement des navires du Port Pourri. C&#039;est la curé, les servants de canons ne prennent pas même le temps de viser, il s&#039;agit littéralement de tirer « dans le tas ». Mats, coques, équipages : tout vole en éclat, broyé par le déluge des bordées haraniennes. Après un ultime instant de gloire, la flotte du Port Pourri termina sa campagne dans la vase des eaux de son propre port…</p><p> <br /></p><p style="text-align: justify">Ceci étant expédié, il s&#039;agit de reprendre là où en était : les canons se tournent maintenant vers la ville, et tirent aveuglément, détruisant fortifications, habitations… Et enfin asséner le coup de grâce : débarquant par les chaloupes mis à la mer pendant la bataille, les fantassins se répandent dans la ville, et parviennent à arracher les portes de la ville aux défenseurs. Les assiégeants peuvent déferler… Une heure plus tard, les derniers survivants de la forteresse du port jettent les armes : ils n&#039;ont plus de minutions, plus d&#039;eau, plus le courage de continuer.</p><p style="text-align: justify">A deux heures du matin, le silence tombe enfin sur la cité, la première fois depuis des mois. Les congères recouvrent peu à peu d&#039;un fin linceul blanc les débris et les corps, et le vent se charge d&#039;éteindre les derniers brasiers qui ravageaient il y a quelques heures encore les quartiers résidentiels. Port Pourri est tombé, ses dirigeants viennent de se remettre à leurs vainqueurs (et périront dans leurs geôles, par ailleurs). La guerre d&#039;Union s&#039;achève, Termïn ne connaîtra dès lors plus qu&#039;une seule et unique bannière : celle de l&#039;Empire.</p><p>(à venir : la glorieuse ère impériale, la déchéance et la suite des malheurs de Robert et ses compagnons d&#039;infortune)</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Pikaolive)]]></author>
			<pubDate>Tue, 11 Aug 2015 00:01:04 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [RP Officiel] Les nouvelles terres - Le Monde de Termïn (concours)]]></title>
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			<description><![CDATA[<p>On réfléchit&#160; sur la date je vous tien informez rapidement.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (twocram)]]></author>
			<pubDate>Mon, 27 Jul 2015 16:34:09 +0000</pubDate>
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		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [RP Officiel] Les nouvelles terres - Le Monde de Termïn (concours)]]></title>
			<link>http://fr-minecraft.net/forum/message-214843.html#p214843</link>
			<description><![CDATA[<p>Merci, ça me remotive à écrire</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (lucasja99)]]></author>
			<pubDate>Sat, 25 Jul 2015 12:55:10 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [RP Officiel] Les nouvelles terres - Le Monde de Termïn (concours)]]></title>
			<link>http://fr-minecraft.net/forum/message-214840.html#p214840</link>
			<description><![CDATA[<p>J&#039;y travaille je vais voir sa avec le staff , et d&#039;ici fin de journé je vous fournit une date.</p><p>Cordialement twocram.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (twocram)]]></author>
			<pubDate>Sat, 25 Jul 2015 11:11:53 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [RP Officiel] Les nouvelles terres - Le Monde de Termïn (concours)]]></title>
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			<description><![CDATA[<p>On peut avoir une date approximative de fin ?</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (lucasja99)]]></author>
			<pubDate>Fri, 26 Jun 2015 17:48:55 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [RP Officiel] Les nouvelles terres - Le Monde de Termïn (concours)]]></title>
			<link>http://fr-minecraft.net/forum/message-213504.html#p213504</link>
			<description><![CDATA[<p>Well, je vais tenter l&#039;aventure, j&#039;ai un mois de vacances à tuer</p><p>Le Monde de Termïn<br />C&#039;est le nom de la terre où nous devons nous installer, moi et mon peuple, selon la carte de mon père<br />Mais qui suis-je ?<br />Je suis le fils du Sage, et mon nom est Laros, un nom que mon père avait trouvé très jolie à sa naissance, même si très peu utilisé.<br />Mon père m&#039;as dis, peu avant de mourir d&#039;emmener tous le monde ailleurs, le Monde d&#039;Origine étant perdu. <br />Mais je n&#039;ai pas l&#039;âme d&#039;un capitaine de bateau, je suis même plutôt froussard. Mais il faudra que je m&#039;y fasse, sois je me débrouille sois tous le monde y passe, car ils n&#039;écouterons personne. Même moi, je vais avoir du mal à me faire respecter.</p><p>Présentation difficile avec le peuple</p><br /><p>Je vais y aller, il faut que j&#039;y aille, sur le pont, pour me présenter, et dire au peuple notre objectif.<br />Car pour eux je suis un inconnu. Pour certains des plus cultivés, je suis le fils du sage mais très peu de personne en savent plus.<br />Je monte les marches, en me tenant à la barre car ici tous bouge à cause de cette satanée tempête. Si je la lâche, je tombe. J&#039;aurais l&#039;air malin !<br />J&#039;espère que Karmin Elokar, mon second, à bien fait son boulot et à prévenue les cents âmes sur ce navire de venir, pour que je puisse parler.<br />Une fois en haut, je vois bien tous le monde. Ce n&#039;est pas aujourd&#039;hui que je torturerais ce satané Karmin.<br />J&#039;attends quelques secondes, prend ma respiration, et me lance :<br />«  Bonjour à tous, je suis votre capitaine, Laros, le fils du Sage. Le Monde d&#039;Origine est perdu. Nous devons rejoindre une île, Termïn. Cette terre, longuement étudié par mon père, mais malheureusement très peu connue, est assez grande pour nous permettre de tous vivre, et de construire une nouvelle cité. Je n&#039;en sais que très peu plus que vous, je sais juste la position approximative de cette île. Mon père ne m&#039;as informé qu&#039;au dernier moment que nous devions partir. Avant cette nuit, je n&#039;avais jamais vu ce magnifique galion.<br />J&#039;espère que vous y ser........ »<br />Je n&#039;eu pas le temps de finir que la tempête se déchaina de plus belle et déchira une des seules voile de sorties.<br />Je m&#039;écria alors :<br />«  Tous dans votre dortoir, mettez vous à l&#039;abri Viii... » <br />Un autre éclair m&#039;interrompu.</p><br /><br /><br /><p>La fin de la tempête<br />Le navire, après plusieurs jours de tempêtes, était abimé, et n&#039;avait plus de voiles, elles étaient toutes déchirées. Heureusement pour tous le monde, la tempête était enfin finie.<br />Des terres commencées à être en vue, probablement Termïn selon Laros.<br />L&#039;équipage, inexpérimenté, était épuisé. Plusieurs personnes était mort, 6 selon le précédent recensement.<br />Après deux jours de navigation sur une mer d&#039;huile, le bateau accosta finalement sur Termïn. Laros avait en effet reconnu formellement l&#039;île.</p><br /><br /><br /><br /><p>L&#039;arrivée sur Termïn<br />D&#039;après Karmin, nous allons arriver. Termïn se rapproche de plus en plus. Fort heureusement d&#039;ailleurs, car, au bout d&#039;un mois et demi de voyage on s&#039;ennuye ferme. Pourquoi d&#039;après Karmin? Car cela fait deux jours que je ne suis pas sortie de cette fichue cabine. Pourquoi me direz vous ? Car il faut que j&#039;étudie tous ce qu&#039;il y a à savoir l&#039;île pour pouvoir débarquer. J&#039;ai trouvé effectivement, il y à trois jours de cela, en faisant du rangement dans cette satané cabine, quelques papiers avec de plus amples informations sur l&#039;île comme par exemple des plans plus précis ou la superficie exacte de l&#039;île. Je transmets donc &quot;en temps réel&quot; les informations pour où débarquer.<br />Voila, j&#039;ai été donner à Karmin les dernières informations. Maintenant, une bonne nuit de sommeil bien mérité et nous devrions arrivé dans une jolie crique demain.<br />Après m&#039;être levé, je monte tranquillement les escaliers pour voir où sommes nous.<br />Une fois en haut je m&#039;aperçois que le bateau est a l&#039;arrêt et que nous sommes à l&#039;intérieur d&#039;une magnifique crique de sable blanc. La plage fais quelques mètres et derrière, une magnifique forêt de palmier. En arrière-plan, des grandes montagnes, parfaitement décrites par mon père. J&#039;arrive à distinguer au milieu des montagnes, une zone, beaucoup plus plates que le reste.<br />Mon père, dans ces notes, avait écrit que si une cite devait être crée sur cette île, cela devrait être sur cet endroit, plus plat que le reste. Il écrivait aussi que cet endroit offrait une vue imprenable et permettraient de nous défendre parfaitement en cas d&#039;assaut. Cette montagne était également, toujours selon mon père, abritait de nombreux filon de minerais de charbon, qui nous permettraient de refaire de notre peuple, un peuple minier.<br />Soudain, Karmin me sortis de ma contemplation. Il me dis :<br />« Nous sommes arrivés en milieu de nuit. Nous t&#039;attendions pour débarquer. Deux personnes sont déjà descendus pour s&#039;assurer que l&#039;île était sur. Aucun homme n&#039;est présent sur cette île, cela permettra de nous installer pleinement. La plupart des hommes dorment encore. Nous attendons tes ordres. »<br />Je réponds alors :<br />«  Et bien, vous allez attendre encore un peu. Il faut que je réfléchisse à un plan pour nous installer sans difficulté majeur.<br />Nous aurons bien sur des difficultés dans les jours à venir mais il est de mon devoir de m&#039;assurer qu&#039;il y en aura le moins possible et pour cela j&#039;ai besoin de temps. »</p><br /><br /><br /><p>Débarquement<br />Je descend alors dans ma cabine pour réfléchir. En vérité, je sais très bien ce qu&#039;il faudrait faire, j&#039;y ai déjà réfléchis. Mais je voudrais y réfléchir encore.<br />Je voudrais descendre du bateau toutes les ressources, abattre une partie de la forêt, pour pouvoir dégager un chemin vers la montagne et faire des chariots. Car pour l&#039;instant, tous ce que nous avons, c&#039;est un bateau, abîmée en prime, quelques outils de base entre autres pioche, pelle, et quelques épées, un tout petit peu de nourriture, pour deux ou trois semaines pas plus, quelques lingots de fer, quelques un d&#039;acier, un peu de fil, de cuivre, des graines, la plupart des livres contenant le savoir de notre peuple et c&#039;est tout. Il va falloir travailler très dur pour réussir à survivre, surtout les premières nuits, pendant lesquelles des monstres en tous genres pourraient nous attaquer.<br />Finalement, je vais peut-être allé donner mes ordres. J&#039;y ai suffisamment réfléchi, et, de toute façon, je suis le capitaine et si l&#039;on ne fait rien nous mourrons et notre peuple avec.<br />Après être remonté et avoir donner mes ordres, tous le monde débarque. Une fois les dix premiers débarqués, ils se mettent à couper des arbres, le reste continue de décharger le bateau.<br />Le but est de couper des arbres et de tailler la montagne pour se frayer un chemin jusqu&#039;à la future ville et de, avec ce bois, faire des chariots pour nous aider à monter nos ressources, et réparer le bateau, vraiment trop endommagée pour continuer.<br />Moi, Karmin et quelqu&#039;un d&#039;autre, un ami d&#039;enfance, Garlik nous allons chasser quelques heures, pour récupérer un peu de nourriture, même si il faudrait chasser énormément pour nourrir tous le monde.</p><br /><br /><p>Première installation</p><p>Nous voila revenue de chasse. Nous sommes partis plusieurs heures, cinq je dirais au vue de la position du soleil et il commence à faire nuit. Malheureusement, nous n&#039;avons rien ramené. Cette forêt de palmier est à proprement parler « déserte »&#160; et nous n&#039;avons absolument pas envie de nous aventurer dans la forêt derrière, une forêt plein d&#039;immenses arbres, mais une forêt très sombre et inquiétante. On y entend des bruits de monstres que je n&#039;ai pas envie d&#039;imaginer.<br />Tous est enfin déchargée, assez d&#039;arbres sont coupés pour faire des charrettes pour tous monter sur la montagne que nous habiterons bientôt. Cette montagne, je l&#039;ai nommée ChromaHills. Cela la représente bien. Demain, nous construirons les charrettes, tous le monde devra s&#039;y mettre pour aller le plus vite possible. Une fois ceci fait, nous enverrons des éclaireurs vérifier que la voie est libre, puis nous tracerons un chemin assez gros pour laisser passer les charrettes. Pour cela, il faudra couper des forêts, aménager au mieux le sol et enfin, certainement, construire des ponts.<br />Mais nous n&#039;en sommes pas encore là. Pour l&#039;instant, chacun se fait son petit « nid douillet » son lit pour la nuit. Pour cela, on prend quelques feuilles et un peu de pailles pour que ce soit le plus doux possible.<br />Et aucun traitement de faveur. Je dormirais de la même façon que les autres, c&#039;est-à-dire, par terre.&#160; </p><br /><br /><p>Le chemin</p><p>Ca y est, les charrettes sont faites et chargées. Un début de chemin est tracé, certainement une centaine de mètres, les éclaireurs nous ont assurés que la voix était libre et en plus il n&#039;y a aucun pont à faire. Nous pouvons enfin commencés à bouger de cette plage. Pour l&#039;instant, nous dormions encore avec les mêmes lits fais le premier soir, nous ne nous sommes pas plus installés.</p><p>Nos charrettes sont simplement des plateformes de bois, avec quelques barrières pour maintenir la marchandise, montées sur deux essieux et des roues. A l&#039;avant des barres de bois pour avoir une prise pour tirer, à l&#039;arrière, des accroches pour pouvoir pousser. A partir de maintenant, deux équipes seront formées. Cinquante pour continuer de faire avancer les chemins et les cinquante autres pour tirer les dis charrettes, cinq par charrettes.&#160; Moi et Karmin, on alternera, et on veillera au bon déroulement des opérations.</p><p>Le chemin est assez accidenté, on va faire les premiers mètres avec les charrettes, voir si elles tiennent le coup, et si c&#039;est vraiment trop dangereux, on divisera l&#039;équipe du chemin en deux partie : l&#039;une pour le faire avancé, et l&#039;autre pour le rendre praticable.<br />Il y a des cailloux partout,&#160; des trous, et il n&#039;est pas droit.<br />J&#039;espère vraiment que les charrettes pourront passer, sinon on perdrait un temps considérable. </p><br /><p>Premier problème.</p><p>« L&#039;équipe charrette prenait les charrettes qui vous ont été attribuées on commence à monter »<br />Ca y est, c&#039;est parti. Tous le monde a son attrape-charrette dans la main. On peut y aller. Les premiers mètres ont déjà été aménagé pour les rendre plus praticables. Tous se passe bien pour l&#039;instant. Les dix charrettes ont commencé a bougé. La première difficulté se trouvent dans dix mètres. Un virage assez serré qu&#039;il faudra négocier de manière parfaite pour pouvoir passer.<br />Les charrettes roulent parfaitement, leurs constructions est parfaite. <br />On attaque le premier virage. Pour l&#039;instant, les neufs premières charrettes sont passées parfaitement. Reste la dixième, la plus chargée, celle qui contient nos réserves d&#039;eau. Une fois devant ce fameux virage, deux autres personnes viennent aider à pousser. La charrette avance calmement et commence à tourner quand soudain …… CRAC !!!! Un grand bruit se fit entendre et avant que quiconque n&#039;est plus comprendre ce qui c&#039;était passer, la charrette commence à dévaler la pente à toute vitesse. Dans le virage, on voit une roue, qui avait due craquer sous le poids de l&#039;eau et de la contrainte subit dans ce virage. BOUM !!! La charrette vient de rencontrer un cailloux au tout début du chemin et de l&#039;eau ruisselle&#160; de partout. Nous n&#039;avons plus d&#039;eau.<br />Heureusement, personne n&#039;est blessé.<br />Mais nous n&#039;avons plus d&#039;eau et la charrette est cassé. Il faut à tous pris de l&#039;eau. Mais nous ne pouvons pas abandonner les charrettes. Je suis confronté à un problème que je ne saurais résoudre seul. Il me faut l&#039;aide de quelqu&#039;un. Heureusement, je viens de voir passer Karmin. Je crois, à sa tête, qu&#039;il vient de comprendre ce qu&#039;il s&#039;est passé.<br />« Karmin, ramène toi ici ».</p><p>Que faire ? </p><br /><p>—Oui, tu m&#039;as appeler ?<br />— Je suppose que tu viens de voir ce qui viens de se passer ?<br />— j&#039;ai juste rapidement compter les charrettes, et il me semble qu&#039;il en manque une. D&#039;ailleurs, que fais cette roue en plein milieu du virage ?<br />—Je t&#039;explique : ce virage est le plus dur à négocier. Les neuf premières sont passées sans problème, mais la dernière, la plus chargée, celle qui contenait nos réserves d&#039;eau, a lâché en plein virage. La roue s&#039;est détaché de l&#039;essieu. Heureusement, personne n&#039;a été blessé, les deux qui tiraient à l&#039;arrière ont sauté quand ils ont entendu le bruit. En clair, on n&#039;a plus d&#039;eau, une charrette en moins, et le risque qu&#039;une autre lâche. On fais quoi ?<br />— Outch !!! Dur nouvelle. Il faudrait appeler ton ami, Garlik, il a souvent de très bonne idée. A trois on pourra prendre de bonnes décisions. En attendant, tu peux dire à tous le monde d&#039;aller aider dans la construction du chemin, on les rappelleras plus tard. <br />— Bonne idée. Bouche tes oreilles.<br />Ecoutez moi tous le monde, allez aider les autres à faire avancer le chemin. Il faut que je me concerte avec quelques personnes en raison des récents évènements. Garlik, reste ici, on va avoir besoin de toi ! </p><br /><p>–- Oui, qu&#039;est ce qu&#039;il y a Laros ?<br />–- Viens, il faut qu&#039;on discute</p><p>La réunion<br />–- Garlik, tu as vu ce qu&#039;il vient de se passer avec la dernière charrette ?<br />–- J&#039;ai entendu du bruit, mais je n&#039;ai pas vu, non ! Qu&#039;est ce qu&#039;il c&#039;est passer ?<br />–- Et bien notre dernière charrette, celle qui contenait la plupart de nos réserve d&#039;eau , n&#039;as pas apprécié un des virages, et c&#039;est écraser en bas de la falaise … En résumé, on n&#039;as plus d&#039;eau ! Tu as une idée, pour remédier à ce problème ?<br />— Ah c&#039;est vraiment problématique ça ! Je sais pas, moi dès le début l&#039;idée de transporter une charrette d&#039;eau ne m&#039;avais pas vraiment plu. Je veux dire plutôt que, à chaque fois qu&#039;on as soif, on va boire à la charrette, c&#039;est bizarre, non ? Je serais plus d&#039;avis que chacun ai sa propre gourde, et, quand on a soif, on prend dans sa gourde.<br />— Karmin, t&#039;en pense quoi ? Moi je suis pour mais comment on remplit sa gourde, te si c&#039;est pour ceux qui tirent les charrettes aussi, ça risque de poser problème.<br />— Bah, moi je suis assez d&#039;accord avec Garlik, mais comme tu l&#039;as dit, sa suggestion, risque de poser quelques problèmes. Je pense que, on devrait aménager la source pour pouvoir y remplir plus facilement des gourdes parce que la, en l&#039;état actuelle, ça risque de poser des problèmes, et on perdrait de l&#039;efficacité donc du temps. Je serais d&#039;avis que dans les 2 groupes, on prenne une personne, qui changerait chaque jour, et qui irait remplir les gourdes de tous le monde.<br />— Je suis assez d&#039;accord avec toi. Garlik, t&#039;en pense quoi ? On fait ça ?<br />— Ouai, pourquoi pas, c&#039;est une bonne idée</p><br /><p>L&#039;écriture est en cours, je ne peux pas sortir tous du premier coup.<br />J&#039;essaye de faire au mieux, j&#039;espère avoir bien compris le sujet.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (lucasja99)]]></author>
			<pubDate>Thu, 25 Jun 2015 16:46:46 +0000</pubDate>
			<guid>http://fr-minecraft.net/forum/message-213504.html#p213504</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [RP Officiel] Les nouvelles terres - Le Monde de Termïn (concours)]]></title>
			<link>http://fr-minecraft.net/forum/message-213496.html#p213496</link>
			<description><![CDATA[<p>Bien le bonjours a tous je voulais deja félicité les Participants , et la sa fait plaisir de revoir le talent d&#039;écriture de certain , Chose que je ne maitrise pas totalement ^^.</p><p>Je voulais Procédées a un Rappel le cadre du concours Srp sur le Texte de Termin et toujours d&#039;actualité.<br />BIen que se soit une chose que l&#039;on est délaissé au profit de l&#039;avancement du Srp en therme de build etc. et des mises a jours du serveurs Creatif.</p><p>L&#039;objectif est donc : </p><p>Vous pouvez m&#039;envoyer votre texte par MP, mais <strong><span style="color: #E87B16">je vous invite tous à répondre directement dans ce topic</span></strong> pour imaginer la suite ! Vous pouvez écrire un autre chapitre, ou même plusieurs chapitre, voir même un livre. Concentrez vous sur les aventures de notre héros dans la découverte des nouvelles terres, le terres d&#039;Origines sont perdues, nous n&#039;y pouvons plus rien... Donnez un nom à la nouvelle citée, son histoire, une description qui nous fera rêver. Décrivez nous les grandes quêtes que les futurs guerriers auront à parcourir pour arriver dans ces Terres. Cependant, restez suffisamment vagues pour <strong><span style="color: #E87B16">laisser libre court à l&#039;imagination de chacun</span></strong>. En effet, nous sommes un serveur Semi-RP, et nous voulons permettre à chacun d&#039;encrer sa propre histoire au sein de celle des nouvelles Terres.</p><p>Donc pour rappels : Le Gagnant du Concours obtiendra le Titre :&#160; élus grand Sage<br />! Votre texte deviendra le RP officiel du serveur et nous vous en remercierons par moult pièces sonnantes et trébuchantes, et d&#039;autres cadeaux du même acabit. Les meilleurs textes RP, même si ils ne correspondent pas à nos attentes seront eux aussi récompensés !!</p><p>L&#039;objectif et de suivre la Trame Faite par Mr_urfaneck , Aprés libre a vous et votre Imagination de faire ce que vous souhaité . N&#039;hésité pas a faire plusieur Chapitre , Le Rp de Termin pourrai Se trouvé sous Forme de Livre comme Blackwood la fait a l&#039;époque ou bien Theory il me semble.</p><p>Allez Courage a vous ! en Esperant voir de nouveau concurent !</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (twocram)]]></author>
			<pubDate>Thu, 25 Jun 2015 13:39:38 +0000</pubDate>
			<guid>http://fr-minecraft.net/forum/message-213496.html#p213496</guid>
		</item>
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